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Science

Voici pourquoi les scientifiques utilisent des souris pour faire des expériences

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Voici pourquoi les scientifiques utilisent des souris pour faire des expériences




Il y a environ 2 400 ans, les Grecs de l’Antiquité ont été les premiers à disséquer les animaux et à étudier leurs entrailles à des fins scientifiques, et cette pratique n’a pas cessé. Aujourd’hui, les poissons, les chiens, les chats, les invertébrés et les primates représentent environ 5 % des animaux utilisés pour la recherche médicale. Sans surprise, les 95 % restants sont des rongeurs. Chaque année, des millions de souris, de rats, de hamsters et de cobayes disparaissent dans les laboratoires du monde entier. Mais pour ceux d’entre nous qui désirent des médicaments salvateurs, des traitements contre le cancer et des assurances chirurgicales, lorsqu’on examine les avantages et les inconvénients des tests sur les animaux, la fin justifie les moyens.

L’utilisation de souris pour la recherche biomédicale est appelée « études murines ». Mais les scientifiques ne recherchent pas de médicaments pour les rongeurs ; ils recherchent des médicaments pour les gens. Cela présente un avantage éthique : il est évidemment préférable de soumettre des rongeurs à des expériences potentiellement mortelles à la place des humains. De plus, les souris atteignent la maturité sexuelle en quelques semaines, elles sont donc abondantes et inutiles. Mais pourquoi des souris et pas, disons, des lézards ? Le choix se résume au fait que les souris de laboratoire sont physiologiquement et génétiquement similaires aux êtres humains.

Les similitudes entre les souris et les humains sont plus grandes que vous ne le pensez. En fait, les souris de laboratoire sont élevées depuis si longtemps qu’elles constituent désormais leur propre sous-espèce domestiquée, mus musculus domesticus. Même si les gènes de quelques mammifères correspondent plus étroitement aux nôtres, comme ceux d’autres primates, le comportement, la physiologie et la génétique étudiés depuis longtemps de la souris de laboratoire domestiquée en font le candidat idéal. En conséquence, l’intégralité du génome du mus musculus domesticus a été séquencée, permettant aux scientifiques de comparer les effets des expériences au niveau génétique. Côte à côte sur un écran d’ordinateur, la comparaison est tout à fait équivalente ; Les souris de laboratoire partagent environ 85 % de leur ADN fonctionnel avec les humains, tandis que les 15 % de gènes restants sont encore étroitement liés.

Le modèle génétique de souris « knock-out »

Les souris n’ont pas toujours été le premier choix pour les expériences scientifiques. Par exemple, Louis Pasteur a conçu sa théorie des germes sur les maladies au XIXe siècle après avoir effectué des expériences principalement sur des chiens, ainsi que sur des vaches, des moutons, des primates et de nombreux autres mammifères. Ce n’est qu’en 1902 que la femme d’affaires américaine Abbie Lathrop a délibérément élevé des souris pour des laboratoires scientifiques, introduisant ainsi une race qui est finalement devenue la souris de laboratoire domestiquée d’aujourd’hui. Cependant, l’utilisation de souris pour des expériences biomédicales a explosé dans les années 1980 avec la naissance de la modification génétique, ou « édition génétique ».

L’avènement de la technologie d’édition génétique a coïncidé avec une autre entreprise révolutionnaire : le Projet Génome Humain (HGP). Lancé en 1990 et achevé en 2003, le HGP était le fruit d’une collaboration massive entre de nombreux pays cherchant à séquencer et cartographier l’intégralité du génome humain. Parmi ses nombreuses découvertes révolutionnaires, le HGP a révélé les similitudes frappantes entre l’ADN de la souris et celui de l’humain. Nous partageons pratiquement tous les mêmes ensembles de gènes que les souris : seulement 10 sur 4 000 n’ont pas d’équivalent équivalent.

Et grâce aux souris, il est facile de découvrir quels gènes font quoi. Depuis le boom de l’édition génétique, les scientifiques ont pu étudier la fonction de gènes individuels en utilisant des souris « knock-out ». Il suffit d’éliminer ou de supprimer un gène de l’ADN d’un embryon de souris et d’observer les différences entre la souris knock-out et un groupe témoin pour voir ce que le gène manquant a fait. De telles expériences fournissent aux biologistes des connaissances approfondies sur le rôle des gènes dans les maladies humaines, comme le cancer. De nombreuses souris de laboratoire ont péri à la recherche de la biologie, mais leurs sacrifices ont permis à de nombreuses personnes de vivre.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.