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Science

La vraie raison pour laquelle vous voulez cracher pendant une séance d’entraînement

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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La vraie raison pour laquelle vous voulez cracher pendant une séance d’entraînement




Que vous parcouriez un sentier de course local, que vous pédaliez à vélo ou que vous vous battiez pour votre vie dans un cours d’entraînement en groupe, le besoin de cracher peut être une véritable nuisance. Cela semble également être presque universel, les athlètes de nombreux sports crachant tout au long d’un match. L’envie de cracher varie en intensité d’un entraînement à l’autre, mais il existe de véritables raisons scientifiques à cela. Les experts pensent que le besoin urgent de cracher pendant l’exercice est dû à une combinaison de déshydratation, de respiration buccale et de modifications de la composition de la salive induites par l’exercice.

L’exercice augmente la fréquence cardiaque et la respiration, nous fait transpirer davantage et déclenche de nombreux autres changements dans le corps destinés à l’aider à accomplir la tâche à accomplir. Ces changements sont gérés par notre système nerveux sympathique, une partie du système nerveux autonome qui gère notre réponse « combat ou fuite ». Cela contraste avec le système nerveux parasympathique, appelé système « repos et digestion », qui gère des tâches telles que la digestion lorsque nous nous sentons plus détendus. Les glandes salivaires de notre bouche sont liées aux systèmes sympathique et parasympathique, chaque système ayant des effets différents sur la sécrétion de salive.

L’exercice change notre salive

La salive est composée à environ 99 % d’eau, le reste étant constitué d’enzymes, de cellules de mucus, d’électrolytes, d’anticorps et de protéines. Pendant l’exercice, le système nerveux sympathique augmente la quantité d’une protéine appelée MUC5B (qui joue un rôle dans la réponse immunitaire des voies respiratoires) dans notre salive. Une étude menée auprès de personnes faisant du vélo stationnaire a révélé que les concentrations de MUC5B dans la salive étaient significativement plus élevées immédiatement après une séance d’exercice de 15 minutes qu’avant l’exercice ou 30 minutes après l’entraînement. La conclusion est que MUC5B provoque un épaississement de la salive.

En même temps, l’exercice nous fait transpirer, ce qui entraîne une perte d’eau dans le corps. Pour éviter la déshydratation, votre corps réduira la teneur en eau de la salive. Cela peut également provoquer un épaississement de la salive. De même, la plupart des gens respirent par la bouche pendant une séance d’entraînement. Cela provoque le dessèchement des tissus de la bouche. Notre corps essaie de garder la bouche humide, augmentant ainsi la production de salive, mais avec une teneur en eau plus faible et des niveaux accrus de MUC5B, cette salive sera beaucoup plus épaisse que la normale. Lorsque cela se produit, il peut être plus difficile d’avaler l’excès de salive, ce qui ne laisse guère d’autre choix que de cracher.

Cracher ou ne pas cracher

Selon l’endroit où vous vous trouvez, cracher peut être accepté à contrecœur ou totalement interdit. L’une des principales raisons de la stigmatisation sociale contre le crachat est que le fait de cracher peut propager des maladies. Cracher lors d’une randonnée ou d’un trail intense serait considéré comme acceptable si vous étiez discret à ce sujet et évitiez de toucher les autres. Cependant, cracher en courant sur un tapis roulant peut vous interdire l’accès à la salle de sport.

Dans le sport, cracher peut entraîner une amende ou une suspension du jeu pour les athlètes. Dans des sports comme le basket-ball, cracher sur le sol augmente les risques de glissade pendant un match. La Ligue nationale de football a également réprimé les crachats en raison d’incidents au cours desquels des joueurs ont craché sur d’autres athlètes. Les athlètes de la NFL peuvent désormais faire face à des suspensions en plus des amendes.

La stigmatisation sociale et la possibilité d’être expulsé d’un gymnase rendent important la recherche de moyens alternatifs pour lutter contre l’épaississement de la salive. La première option consiste à résoudre une partie du problème sous-jacent. Le corps réduit la teneur en eau de la salive pour éviter la déshydratation. Prendre de fréquentes gorgées d’eau peut donc aider à fluidifier la salive, réduisant ainsi le besoin de cracher. Une autre option consiste à cracher dans un mouchoir, ce qui constitue une option plus discrète et socialement acceptable. Le besoin de cracher pendant une séance d’entraînement est une expérience courante. Mais comprendre les causes de cette sensation et faire preuve d’un peu de discrétion peuvent vous aider à résoudre ce problème.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.