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Science

Les scientifiques disent que les Néandertaliens n’auraient peut-être pas eu cet avantage sur les humains après tout

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Les scientifiques disent que les Néandertaliens n’auraient peut-être pas eu cet avantage sur les humains après tout




De nombreuses hypothèses ont été émises concernant nos lointains parents, les Néandertaliens. On croyait autrefois que leur nez était mieux adapté au froid. Cette idée est venue des premiers examens des crânes de Néandertal, qui ont révélé une ouverture nasale plus grande que celle d’Homo sapiens. C’est l’ouverture de notre crâne qui se connecte à la cavité nasale. Compte tenu de cela, on a émis l’hypothèse que les Néandertaliens auraient également des sinus plus gros. On suppose que cela leur donnerait plus de possibilités de réchauffer l’air lorsqu’il se dirige vers leurs poumons. Une telle adaptation faciliterait la régulation de la température tout en vivant dans des environnements froids, ce qui est important pour maintenir l’homéostasie.

Les Néandertaliens parcouraient la Terre il y a environ 400 000 à 40 000 ans, dans des températures beaucoup plus glaciales. Ils vivaient en grande partie pendant les périodes glaciaires et, même si les populations connaissaient différents climats, le stress dû au froid était toujours un facteur. Avec une morphologie faciale aussi variée, il est logique de penser qu’une certaine adaptation serait particulièrement utile dans un environnement plus froid. Après tout, certains mammifères arctiques ont des cavités nasales plus grandes avec des structures osseuses qui aident ainsi à réchauffer l’air. Cependant, la fragilité des os de la cavité nasale avait empêché une analyse structurelle détaillée au-delà de l’ouverture nasale du crâne.

Un fossile bien conservé

Les chercheurs publiant dans l’American Journal of Human Biology ont pu obtenir une meilleure image d’un crâne de Néandertal appelé « l’homme d’Altura ». Ce squelette particulier est recouvert de calcite, qui préserve les fossiles par recristallisation et pré-minéralisation. Les microcristaux de calcite remplissent essentiellement les espaces poreux des os. Le tissu osseux étant remarquablement disponible aux substitutions ioniques, ses composants minéraux les moins stables peuvent se transformer en calcite. Cependant, même si la calcite peut combler ces structures qui se seraient autrement dégradées, elle est fragile, ce qui signifie que déplacer les restes squelettiques serait impossible sans subir de dommages.

Face à ce défi d’un fossile coincé dans la paroi d’une grotte, les chercheurs ont pu étudier la structure osseuse interne grâce à un endoscope, une caméra fixée à un tube mince. Finalement capables d’analyser le fragile réseau osseux de la cavité nasale, ils ont constaté que les hypothèses précédentes sur sa structure étaient fausses. Il n’y avait pas de circonvolutions osseuses semblables à celles trouvées chez d’autres mammifères arctiques.

Les réponses mènent à plus de questions

Bien que cette remarquable étude ait pu faire la lumière sur la structure de la cavité nasale de l’Homme de Néandertal, de nombreuses questions demeurent. D’une part, cela ne révèle pas comment la morphologie de Néandertal aurait pu être mieux adaptée au froid. Existe-t-il un autre moyen de mieux traiter l’air glacial et sec ? Sinon, comment ont-ils pu prospérer dans des températures aussi froides et inhospitalières ? Une suggestion pourrait être un métabolisme plus rapide, mais jusqu’à ce que de nouvelles informations apparaissent, nous devons encore une fois deviner.

Il pourrait être logique que plus nous avançons dans le temps, moins nous en saurons sur les Néandertaliens, car ils deviennent des reliques plus lointaines de notre passé. Cependant, les progrès continus de la technologie scientifique permettent des investigations et des analyses anatomiques qui n’étaient pas possibles auparavant. À mesure que la collecte de données se poursuit sur nos proches parents évolutifs, davantage de détails seront probablement découverts et nous pourrions découvrir que d’autres hypothèses de longue date sont incorrectes.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.