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Science

Les scientifiques affirment que cette protéine ancienne pourrait être une arme puissante dans la lutte contre le cancer

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Les scientifiques affirment que cette protéine ancienne pourrait être une arme puissante dans la lutte contre le cancer




Le génome humain est le point culminant de 3,8 milliards d’années d’évolution, et une partie surprenante de ce génome reste encore un mystère pour les scientifiques. Jusqu’à 98 % du génome humain est constitué d’« ADN indésirable » ou de « matière noire ». Il existe également des gènes hérités de nos anciens ancêtres qui produisent des organes résiduels qui peuvent faire plus de mal que de bien, comme les dents de sagesse. D’autres gènes anciens sont plus difficiles à étudier, car leurs mécanismes opèrent au niveau cellulaire et moléculaire. Dans le cas de l’ancien gène qui produit les « protéines immunitaires du complément C3 », les scientifiques pourraient avoir finalement déchiffré le code et découvert un nouvel outil dans la lutte contre le cancer.

Le gène qui produit les protéines du complément C3 a évolué avant que la vie n’ait un système circulatoire. Généralement produit par le foie et libéré dans le sang, le C3 aide le système immunitaire à combattre les infections. Cependant, le C3 peut également être produit à l’intérieur des organes et des tissus où sa fonction est étudiée par les scientifiques. Dans un article publié en 2026 dans Nature Communications, les chercheurs concluent que les protéines C3 peuvent empêcher les cellules immunosuppressives spécialisées de se multiplier à l’intérieur des tumeurs. Sur la base de cette découverte, les chercheurs pensent que les patients cancéreux présentant une faible production de C3 pourraient être traités avec des médicaments d’immunothérapie pour augmenter les défenses immunitaires naturelles de leur corps.

Plus important encore, ils ont découvert que le C3 présent dans le sang n’avait aucun effet sur les tumeurs : ce n’est que lorsqu’il est produit directement à l’intérieur du tissu tumoral que l’ancienne molécule a montré ses pouvoirs anti-cancer. Étant donné que le gène responsable de la production de C3 est apparu dans notre génome ancestral avant même que nous ayons une circulation sanguine, il peut avoir un objectif différent lorsqu’il est produit dans les tissus que lorsqu’il circule dans le sang.

La protéine complément C3 peut être un méchant ou un héros

La fonction des protéines C3 dépend de l’endroit où elles sont produites dans l’organisme. Dans un article de 2017, des chercheurs ont découvert le mécanisme par lequel la protéine C3 peut réellement provoquer des métastases lorsqu’elle est produite par des cellules épithéliales tumorales. Ces cellules malignes sécrètent essentiellement la protéine C3 pour dissoudre la « colle » qui les maintient en place. Cela permet aux cellules tumorales de se propager, que ce soit par le sang ou par d’autres voies.

D’autre part, l’étude de recherche de 2026 explique comment le C3 peut aider à exposer la tumeur aux médicaments d’immunothérapie et à rendre le traitement plus efficace. Normalement, lorsque les globules blancs rencontrent des tissus cancéreux, ils se transforment en macrophages pour tenter de « nettoyer » les cellules corrompues. Cependant, les macrophages peuvent être détournés par les cellules cancéreuses et transformés en macrophages associés aux tumeurs (TAM). Au lieu de nettoyer le cancer, les TAM forment un bouclier protecteur autour de la tumeur.

Les TAM sont un fléau dans les traitements contre le cancer, car ils empêchent les médicaments d’immunothérapie d’atteindre la tumeur. Mais il semble que les protéines C3 peuvent étouffer tout le processus dans l’œuf, avant même que les TAM ne puissent se former. Lorsqu’elles sont produites dans une tumeur par des cellules de soutien saines appelées fibroblastes, les protéines C3 se décomposent en molécules plus simples qui paralysent les macrophages entrants, les empêchant de pénétrer dans la tumeur et de se transformer en TAM. Lorsque la tumeur n’est pas protégée, les médicaments d’immunothérapie anticancéreux peuvent aider le système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses.

Espérons que cette découverte puisse conduire à de meilleurs traitements contre le cancer qui renforceraient la réponse immunitaire naturelle du corps au cancer. Avec l’introduction d’outils d’IA et de nouvelles connaissances sur le rôle de l’âge sur le risque de cancer, l’avenir de la recherche sur le cancer s’annonce prometteur.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.