Des scientifiques ont découvert quelque chose d’inhabituel au fond des roches canadiennes – et cela pourrait tout changer
Une récente découverte d’hydrogène gazeux naturel au Canada pourrait avoir un impact important sur la lutte contre le réchauffement climatique. En 2026, des scientifiques de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Toronto ont révélé la quantité d’hydrogène gazeux qui s’échappait du sol dans les anciennes couches rocheuses dispersées dans la région nord du Bouclier canadien – et c’est beaucoup. De nombreuses anciennes mines de la région laissent échapper lentement de l’hydrogène gazeux en petites quantités qui, une fois combinées, suggèrent une vaste source d’hydrogène.
Les scientifiques ont testé 15 000 forages dans une seule mine, et chaque forage contenait en moyenne 18 livres d’hydrogène par an. Cela peut sembler peu, mais si l’on analyse les chiffres, cette seule mine d’essai laisse échapper un total annuel de 140 tonnes d’hydrogène naturel. Cela représente suffisamment d’énergie pour alimenter environ 400 foyers locaux en utilisant « l’hydrogène blanc » découvert par l’équipe.
Certains experts considèrent l’hydrogène comme le carburant idéal, surtout si on le compare aux combustibles fossiles, qui représentent plus de 80 % de notre production mondiale d’énergie. Mais contrairement au charbon, au pétrole ou au méthane, l’hydrogène gazeux brûle avec l’oxygène pour produire de la simple vapeur d’eau et de la chaleur, ce qui en fait une source d’énergie « propre ». Malheureusement, il est très difficile de trouver de l’hydrogène gazeux sous sa forme naturelle et de le capturer. La plupart du temps, il est donc synthétisé par un processus coûteux d’électrolyse, qui nécessite de toute façon généralement des combustibles fossiles.
Pour l’instant, la plupart des économistes considèrent l’hydrogène gazeux comme un acteur mineur dans la transition vers un avenir sans combustibles fossiles : il est trop cher à synthétiser et trop rare à extraire. L’utilisation du gaz comporte également ses propres obstacles. L’exploitation du gaz hydrogène naturel nécessiterait des infrastructures pour la canalisation, le transport, le traitement et les générateurs eux-mêmes. Néanmoins, si le Canada parvient à démontrer que l’hydrogène gazeux est une source d’énergie viable, la production mondiale d’énergie pourrait changer radicalement.
Pourquoi l’élément le plus abondant constitue un gaz si rare sur Terre
L’hydrogène est de loin l’élément le plus abondant dans l’univers. Environ 73 % de la matière visible dans l’univers (et dans notre système solaire) est constituée de cette matière, et elle compose la majeure partie de notre soleil et une grande partie des nuages de gaz interstellaires qui imprègnent la galaxie – y compris la découverte du « Cloud-9 » qui pourrait révéler des secrets sur l’univers sombre. En fait, presque toutes les sources d’énergie sur Terre proviennent de la fusion de l’hydrogène solaire, y compris les combustibles solaires, éoliens et fossiles. Sur Terre elle-même, cependant, l’hydrogène est généralement enfermé dans les molécules d’autres gaz, solides et liquides, notamment H₂O.
Cette rareté de l’hydrogène gazeux, ou H₂, est en grande partie due à sa nature hautement réactive sur Terre. De petites étincelles et de simples chocs électriques statiques provenant de vos vêtements ou de votre corps suffisent à brûler le gaz lorsqu’il est en présence d’oxygène. Au point de combustion, d’autres produits chimiques présents dans l’atmosphère et la terre se mélangent aux particules atomiques d’hydrogène libérées, formant de nouvelles liaisons. Ces nouvelles molécules peuvent être des gaz, des sels et des métaux, qui lient les atomes d’hydrogène dans des états moins réactifs. Ainsi, les réservoirs naturels de gaz H₂ pur dans la croûte terrestre sont rares, car la molécule ne peut pas rester longtemps immobile sans réagir avec d’autres molécules.
L’hydrogène gazeux récemment découvert au Canada pourrait toutefois laisser entrevoir une plus grande abondance de H₂ sur Terre qu’on ne l’imaginait auparavant. Pour commencer, son emplacement dans le Bouclier canadien n’était pas un hasard. La région représente l’un des plus grands boucliers continentaux au monde, une zone couvrant des millions de kilomètres carrés et composée de roches précambriennes formées il y a 500 millions à 3 milliards d’années. C’est dans ces roches anciennes que l’hydrogène stable et « blanc » pourrait se cacher en grandes quantités.
Les obstacles à l’extraction de l’hydrogène naturel du sol
L’hydrogène gazeux dit « blanc » pourrait être trouvé dans de nombreux endroits à travers le monde, en particulier dans les régions du bouclier continental qui exposent des roches anciennes et riches en fer datant de la période précambrienne. Ces roches solides et souvent fissurées peuvent générer leur propre hydrogène gazeux à partir de l’eau, dans une version naturelle du H₂ synthétisé que nous générons par électrolyse. Cependant, au lieu de dépendre de l’électricité, le fer contenu dans ces roches peut extraire les atomes d’oxygène des eaux souterraines, produisant ainsi du gaz H₂ pur et propre.
Ce H₂ formé naturellement s’accumule dans des réservoirs souterrains profonds, souvent aux mêmes endroits où les minéraux sont extraits. Après tout, le fer et l’eau nécessaires à la production d’hydrogène gazeux sont abondants dans les anciennes couches rocheuses de la région du Bouclier canadien, et le processus chimique qui crée ce gaz prend beaucoup de temps. C’est pourquoi la source de carburant est si lente et régulière, mais également dispersée et maintient un débit constant.
Ces réservoirs souterrains peuvent être forés et exploités pour extraire l’hydrogène gazeux, mais d’autres gaz y sont souvent mélangés. Ainsi, l’extraire du sol n’est que le premier obstacle à la collecte de l’hydrogène. Le processus comprend un processus de purification pour débarrasser le gaz des autres gaz naturels, et la technologie permettant de générer de l’énergie à partir de H₂ n’est pas bien financée – ni testée de manière approfondie. Néanmoins, la perspective d’une source de carburant émettant uniquement de la vapeur d’eau est une découverte passionnante.
