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Science

Les humains ont un « septième sens » et les scientifiques ont une théorie intéressante expliquant son fonctionnement

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Les humains ont un « septième sens » et les scientifiques ont une théorie intéressante expliquant son fonctionnement




Nous expérimentons tout dans la vie à travers nos sens, mais malgré des millions d’années d’histoire humaine derrière nous, les scientifiques ne savent toujours pas exactement combien de ces sens nous possédons. La plupart d’entre nous ont probablement appris les cinq sens que sont la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat, mais ce modèle est désormais obsolète. Il existe au moins six sens humains – le sixième étant la proprioception, la capacité de déterminer où se trouvent les parties de notre corps par rapport à l’espace – et une étude récente propose d’en ajouter un autre à cette liste. Ce septième sens est appelé toucher à distance et il nous permet de localiser des objets cachés dans d’autres matériaux sans toucher ces objets eux-mêmes.

Des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres et de l’University College London ont été les premiers à prouver l’existence du toucher à distance, révélée dans une étude publiée dans IEEE Xplore en octobre 2025. Pour tester leur théorie, ils ont enterré un cube en plastique de 2 pouces au fond d’une boîte remplie de sable. Douze participants au test ont ensuite été invités à trouver le cube, mais ils n’étaient autorisés qu’à enfoncer les deux premières jointures de leur index dans le sable. Cela a permis de garder le bout de leurs doigts hors de portée du cube, et pourtant, les participants ont pu localiser les cubes enfouis avec une précision étonnante de 70,7 %. Cela montre que les humains ont la capacité de détecter des objets à distance par contact à distance, ce qui, selon les chercheurs, se produit en détectant de minuscules déplacements dans le sable.

Comment fonctionne le toucher à distance dans la pratique

Le sens du toucher à distance a été observé chez d’autres animaux, notamment chez les oiseaux de rivage comme les bécasseaux et les pluviers. Ils utilisent leur bec pour détecter de minuscules vibrations dans le sable, qui les guident vers leurs proies cachées. Ce sens fonctionne un peu comme le sens d’écholocation utilisé par les chauves-souris et les baleines, dans lequel l’animal peut détecter des objets éloignés grâce à la façon dont les ondes sonores rebondissent sur eux. Le toucher à distance est similaire, mais au lieu de détecter les ondes sonores rebondissant sur un objet, nous sentons un matériau physique (le sable) se déplacer autour d’un objet.

Le toucher à distance pourrait avoir d’importantes applications pratiques dans le monde scientifique, notamment dans le domaine de l’archéologie. Comprendre et exploiter le toucher à distance pourrait nous permettre de découvrir des ruines antiques dans des endroits inattendus et de retrouver plus facilement des artefacts perdus depuis longtemps tout en minimisant la taille des sites de fouilles. Cela rendrait les fouilles archéologiques plus efficaces et moins destructrices pour l’environnement.

Les scientifiques s’intéressent désormais à la création de robots capables d’utiliser le sens du toucher à distance pour les fouilles archéologiques et les études géologiques, mais cela s’avère assez difficile. Dans une étude récente de l’Université Queen Mary de Londres et de l’University College London, des chercheurs ont découvert que si les humains pouvaient localiser des objets par contact à distance avec un taux de précision de 70,7 %, un robot qu’ils ont construit n’avait qu’un taux de précision de 40 %. Cela montre à quel point il sera difficile de créer des robots humanoïdes alors que nous savons encore à peine comment fonctionnent les vrais humains.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.