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Science

Voici pourquoi les momies ne se décomposent pas

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Voici pourquoi les momies ne se décomposent pas




La momie la plus connue est peut-être celle du roi Toutankhamon, le pharaon égyptien adolescent qui a été enseveli il y a environ 3 300 ans au milieu de ses tas de trésors. Il y a aussi Ötzi l’homme des glaces, une momie vieille de 5 300 ans découverte dans une grotte de glace dans les Alpes italiennes. Pourtant, même si les moyens de momification différaient – ​​Otzi était gelé par les éléments naturels, tandis que le corps du roi Tut était méticuleusement préparé – les deux cadavres étaient remarquablement bien conservés lors de leur découverte. La raison est simple : ils étaient tous deux gardés au sec.

Les organismes morts se décomposent lorsque leur corps est dégradé par des bactéries. Certaines de ces bactéries vivent déjà à l’intérieur de l’organisme avant de mourir. Par exemple, certains organismes procaryotes présents dans notre intestin sont essentiels à la survie, car ils nous aident à transformer la nourriture en composants digestibles. Mais les bactéries vivant à l’intérieur de nous et sur notre peau continuent de se nourrir même après notre mort, dégradant les matières inorganiques et organiques qu’elles rencontrent. Ainsi, pour préserver un corps de la pourriture, les bactéries du corps doivent également mourir.

Le moyen le plus simple d’empêcher les bactéries de décomposer un cadavre consiste à éliminer l’eau de leur environnement. Toutes les formes de vie ont besoin d’eau liquide pour vivre, donc la déshydratation des bactéries les empêche de se nourrir et de se multiplier. Ce processus de déshydratation est appelé dessiccation et constitue en fait la première étape de la création de nombreux types de fossiles. C’est aussi la raison pour laquelle Otzi a été naturellement momifié : gelé en un éclair et suspendu dans de la glace solide pendant plus de 5 000 ans, ses bactéries ont été tuées avec lui. Le roi Toutankhamon était également desséché, mais sans températures inférieures à zéro pour travailler, ses embaumeurs royaux avaient un projet bien plus ambitieux entre leurs mains.

Momification artificielle – outils spéciaux, produits chimiques et cercueils hermétiques

Les anciens Égyptiens savaient que dès que leur chef divinisé périssait, le temps pressait. Premièrement, ils ont retiré la plupart des organes internes en les tirant à travers de petits trous à l’aide d’outils à crochets. Les anciens Égyptiens croyaient que les organes prélevés étaient sacrés et les conservaient dans des bocaux spéciaux. Cependant, cette pratique servait également à éliminer une grande partie de l’eau et des bactéries du corps. Ensuite, le corps était rempli de natron, un sel absorbant souvent utilisé dans l’Égypte ancienne, pour éliminer l’humidité restante du corps.

D’autres momies artificielles ont été desséchées de la même manière. Par exemple, les momies artificielles les plus anciennes connues au monde sont les momies Chinchorro du Chili d’aujourd’hui, le plus ancien spécimen remontant à 5050 avant JC. Les pratiques de momification des Chinchorro suivaient le même processus fondamental que celui des anciens Égyptiens. Les organes ont été retirés et la majeure partie de l’humidité restante a été extraite à l’aide de cendres et d’argile.

Une fois que le corps est débarrassé de l’humidité, il doit le rester. Les momies artificielles étaient bourrées et enveloppées de tissus, de roseaux secs et de tout ce qui pouvait aider à créer une barrière entre le cadavre et l’humidité. Les anciens Égyptiens utilisaient également des produits chimiques hydrophobes, notamment des huiles d’arbres, des graisses animales, de la cire d’abeille et des résines, comme ligne de défense supplémentaire. Enfin, le corps était souvent enfermé dans un cercueil. L’air transporte de l’humidité, même dans le désert, le cercueil devait donc être aussi étanche que possible. Pour les anciens membres de la famille royale égyptienne, le cercueil en bois était parfois placé dans un sarcophage en pierre, ce qui renforçait encore davantage le sceau. Si de telles mesures semblent exagérées, considérez à quel point elles ont fonctionné. Le roi Toutankhamon était si bien conservé que les scientifiques ont pu extraire son ADN, lui diagnostiquer le paludisme et déterminer qu’il avait un pied bot – pas trop mal après 3 300 ans.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.