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Science

La façon fascinante dont les abeilles survivent à l’hiver

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

La façon fascinante dont les abeilles survivent à l’hiver




Si vous vivez dans un climat où les températures descendent en dessous de zéro en hiver, vous vous demandez probablement où vont tous les insectes pendant les mois d’hiver. La réponse dépend de la créature. Certains, comme certains moustiques, hibernent dans un état métabolique appelé diapause. D’autres espèces pourraient migrer vers le sud pour échapper à la baisse des températures, comme le célèbre papillon monarque. Beaucoup d’autres meurent tout simplement, laissant leurs œufs derrière eux pour repeupler l’écosystème une fois la glace dégelée. Mais les abeilles ont une adaptation unique qui ne nécessite ni hibernation ni migration : elles frissonnent tout l’hiver pour générer leur propre chaleur.

En hiver, les abeilles se regroupent autour de leur reine et font vibrer leur corps, ce qui brûle des calories et génère par conséquent de la chaleur corporelle. Ils alternent également leur positionnement autour de la reine, échangeant leur place avec ceux à l’extérieur afin de s’assurer qu’aucun ne supporte le poids de la coque extérieure froide pendant trop longtemps. Bien sûr, ce processus nécessite de l’énergie alimentaire pour se maintenir pendant des mois. C’est précisément pour cette raison que les abeilles stockent du miel supplémentaire pour l’hiver, tout comme les écureuils et les tamias cachent des noix. Même si les nids d’abeilles peuvent ressembler à des boules de glace gelées et vides vus de l’extérieur, ils sont en réalité assez confortables à l’intérieur.

Les bourdons sont également connus pour frissonner pour générer de la chaleur par temps glacial, bien que leur pratique ne soit pas aussi bien coordonnée que celle des abeilles domestiques. Dans les climats très froids, la reine des bourdons est généralement le seul membre de la ruche à survivre à l’hiver, nichant en dormance dans une litière de feuilles bien protégée ou dans un autre coin caché. Cependant, les bourdons ont une grande tolérance au froid et peuvent utiliser leur technique de frisson pour survivre à des hivers plus doux. Il est également utile que ces abeilles aient évolué dans l’Himalaya, où elles se sont adaptées pour développer des cheveux épais et des corps isolants de graisse.

D’autres espèces ne sont pas aussi prêtes à affronter l’hiver que les abeilles

Parmi les guêpes, les abeilles et les fourmis qui composent l’ordre des Hyménoptères, la capacité des abeilles à augmenter leur température corporelle en frissonnant est l’exception à la norme. D’autres espèces meurent généralement pendant les mois froids de l’hiver, bien que leurs reines puissent survivre en hibernant. Lorsque cet état d’hibernation est de courte durée, comme face à une vague de froid automnale, on parle de torpeur. Leurs métabolismes et leurs mouvements ralentissent, économisant ainsi de l’énergie. En fait, lorsque les abeilles forment leur boule de chaleur vibrante, elles entrent elles aussi techniquement dans un état de torpeur.

Mais pour une endurance à long terme, certaines espèces vont plus loin que la simple torpeur. Pour survivre aux longs mois d’hiver, de nombreuses reines et guêpes entrent en diapause. La diapause s’apparente davantage à ce que nous considérons généralement comme l’hibernation : leur taux métabolique chute considérablement (s’arrêtant presque complètement), les mouvements s’arrêtent et une grande partie de leurs parties externes du corps gèlent littéralement. Cependant, pour empêcher leurs organes vitaux de se briser à cause des cristaux de glace, de nombreuses reines des abeilles et des guêpes accumulent du glycol dans leur sang (le sang des insectes est appelé hémolymphe), qui agit comme un antigel.

Ainsi, sauf exceptions, la plupart des abeilles et des guêpes meurent lors des hivers rigoureux. Même les guêpes sociales comme les guêpes jaunes meurent généralement plutôt que d’entrer en torpeur ou en diapause. Mais pour ceux qui hibernent, la survie n’est pas une garantie. Les reines des abeilles et les guêpes ont besoin de cachettes sûres et relativement chaudes pour échapper au gel hivernal, comme sous les feuilles, les bûches, les terriers abandonnés et tout coin ou recoin le long des auvents et des fondations des maisons. Si ces sanctuaires sont perturbés, il est peu probable que l’insecte vulnérable, à moitié gelé, survive. Les activités humaines et l’empiétement sur les écosystèmes sauvages ont décimé les populations d’insectes, et le manque croissant de sanctuaires sauvages est probablement un facteur de leur déclin.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.