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Science

La glace de l’Antarctique contrôle discrètement plus que ce que les scientifiques pensaient autrefois

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

La glace de l'Antarctique contrôle discrètement plus que ce que les scientifiques pensaient autrefois




L’océan Austral est extrêmement important pour réduire le carbone atmosphérique, qui contribue largement au réchauffement climatique mondial. En fait, cette partie de la planète absorbe 40 % du carbone anthropique (produit par l’homme). L’un des principaux moteurs de ce phénomène est la formation de proliférations d’algues, qui absorbent le carbone de l’atmosphère. Cependant, la prolifération d’algues dans cette partie du monde est considérablement limitée par la faible disponibilité de fer. Il est intéressant de noter qu’une étude récente a révélé qu’une augmentation du fer n’entraînait pas réellement la croissance des algues comme l’espéraient les chercheurs. Le coupable : le fer peu soluble provenant de la fonte des glaces.

En règle générale, le fer présent dans l’océan est transporté par des vents forts, qui transportent les sédiments de la terre pendant les périodes glaciaires, également appelées périodes glaciaires. Lorsque les chercheurs ont examiné la partie nord de l’océan Austral, ils ont découvert que ce fer favorisait la croissance des algues. Mais les chercheurs de l’étude susmentionnée ont regardé plus au sud et ont découvert que le fer provenait principalement de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Ce fer était plus « chimiquement mature » et beaucoup plus difficile à absorber. Les auteurs suggèrent que ce fer provenait d’un substrat rocheux sous-glaciaire très ancien, fournissant essentiellement du fer périmé. Cela a mis à mal l’idée selon laquelle une plus grande quantité de fer à elle seule pourrait améliorer la prolifération d’algues et met l’accent sur la qualité et la biodisponibilité de cet important micronutriment.

Glace, fer et changement climatique

Ces résultats soulèvent également davantage de questions sur les effets du réchauffement climatique. Si l’on considère la dernière période interglaciaire, il y a plus de 100 000 ans, le retrait généralisé des glaces de l’Antarctique occidental a contribué à hauteur de 90 % à l’apport lithique dans la zone d’étude choisie dans l’océan Austral. Ceci est important puisque les climatologues considèrent la dernière période interglaciaire comme informative sur le climat actuel. En effet, les températures, le volume de glace et le niveau de la mer étaient similaires à ceux d’aujourd’hui.

Ainsi, leurs résultats suggèrent que pendant les périodes plus chaudes, le fer de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental domine. Torben Struve, le principal auteur de cette étude, souligne que la glace s’amincit déjà, ce qui pourrait entraîner une érosion plus rapide des roches sous-glaciaires. Cela signifie que des températures plus chaudes sont plus susceptibles de fournir du fer insoluble à ce puits de carbone très important. Dans la mesure où cela réduit la formation d’algues et, par conséquent, l’absorption du carbone atmosphérique, cela pourrait exacerber les préoccupations climatiques actuelles. Étant donné que cette étude révolutionnaire a mis un frein inattendu à nos théories, l’impact de la poursuite du changement climatique pourrait être encore plus difficile à prévoir qu’auparavant.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.