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Science

Le syndrome de la tête explosive n’est pas aussi mortel qu’il y paraît, mais il reste un mystère pour les scientifiques

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Le syndrome de la tête explosive n'est pas aussi mortel qu'il y paraît, mais il reste un mystère pour les scientifiques




Les scientifiques résolvent régulièrement des mystères sur le corps. Par exemple, ils ont récemment découvert que le magnétisme explique pourquoi vos molécules sont droites ou gauches et que la capacité de marcher debout est la raison pour laquelle 90 % des gens sont droitiers. Cependant, les scientifiques n’ont pas encore pu comprendre le syndrome de la tête explosive (EHS).

Lorsque vous entendez parler d’EHS pour la première fois, vous imaginez probablement une tête qui explose littéralement. Ce n’est pas mortel comme ça, mais c’est une forme rare de parasomnie – une catégorie de troubles du sommeil associés à des comportements inhabituels. La caractéristique inhabituelle de l’EHS implique que les personnes affectées ressentent la sensation d’une explosion ou d’un autre bruit fort qui n’est pas réel et seulement imaginaire, généralement lorsqu’elles s’endorment ou se réveillent la nuit. Bien que la plupart des gens ne déclarent pas ressentir de douleur lors de tels incidents, certains ont décrit ressentir une vive douleur à la tête qui ne persiste pas.

Néanmoins, les crises d’EHS ne sont pas seulement surprenantes, elles perturbent le sommeil, provoquent de l’anxiété et font croire à certaines personnes qu’elles sont victimes d’un accident vasculaire cérébral. Ils peuvent également être totalement aléatoires, se produisant à des semaines ou des mois d’intervalle ou en grappes plusieurs nuits de suite.

Théories des scientifiques sur la cause du syndrome de la tête qui explose

Bien que l’EHS reste un mystère que les scientifiques ne peuvent toujours pas expliquer, ils ont émis plusieurs hypothèses concernant sa cause. Une recherche publiée dans Cephalagia a révélé que, bien que les épisodes se produisent spontanément, les patients affectés présentaient plus d’activité oscillatoire (fluctuations rythmiques) des ondes alpha du cerveau que les patients non affectés pendant les périodes veille-sommeil et d’éveil. Pour cette raison, les scientifiques ont proposé que le mécanisme sous-jacent à l’EHS soit un traitement attentionnel aberrant (ou hyperconcentration) qui pourrait amplifier et réguler les stimuli externes des sens.

Les chercheurs ont également émis l’hypothèse que quelques dysfonctionnements pourraient en être la cause sous-jacente, comme une déficience neuronale du tronc cérébral pendant les cycles veille-sommeil et un dysfonctionnement des oreilles. Dans une étude publiée dans Sleep Medicine, les scientifiques ont remarqué que deux patients présentaient des crises d’EHS suite à une stimulation photique intermittente (lumières vacillantes). Cela les a amenés à proposer que cette pathologie pourrait être causée par une activité anormale du réseau occipital, la partie du cerveau qui traite les signaux visuels.

Une autre possibilité pourrait être une transmission compromise de l’acide gamma-aminobutyrique (un neurotransmetteur qui bloque certains signaux) au noyau du raphé dorsal, un groupe de neurones dans le tronc cérébral qui aide, entre autres fonctions, à soulager la douleur. En plus de cela, les chercheurs ont lié l’EHS à une poignée d’affections secondaires, telles que le sevrage soudain des benzodiazépines, la migraine avec aura du tronc cérébral et le syndrome des sinus malades (un trouble du rythme cardiaque).

Comment le syndrome de la tête explosive est diagnostiqué et traité

Si les scientifiques n’ont pas encore déterminé les causes de l’EHS, comment diagnostiquer et traiter cette maladie ? Les médecins examinent généralement les antécédents médicaux personnels et familiaux ainsi qu’un journal intime ou un journal qui retrace l’apparition des épisodes afin d’identifier un modèle et des indices d’une cause potentielle. En cas de troubles graves du sommeil, les médecins mènent des études sur le sommeil pour surveiller les ondes cérébrales, la respiration, le rythme cardiaque et les mouvements des membres pendant le sommeil afin d’identifier ou d’exclure s’ils sont liés à la maladie.

Lorsqu’il s’agit de gérer et de traiter l’EHS, l’éducation et l’assurance que les épisodes sont bénins sont essentielles. Un plan peut être conçu pour réduire l’anxiété et le stress, traiter d’autres troubles du sommeil et adopter de saines habitudes de sommeil. Par exemple, les scientifiques savent depuis des années que des habitudes de sommeil régulières sont importantes pour la qualité de vie, alors que trop dormir peut en réalité réduire votre espérance de vie.

Si ceux-ci ne fonctionnent pas, certains types de thérapies et de prescriptions utilisées pour traiter d’autres formes de parasomnie peuvent atténuer ou éliminer complètement la fréquence des symptômes. Une étude publiée dans le European Journal of Neurology a également révélé que la stimulation magnétique transcrânienne à impulsion unique – une thérapie indolore qui délivre des champs électromagnétiques de basse fréquence au cerveau pour calmer les nerfs hyperactifs – réduisait considérablement la fréquence des épisodes. Cependant, pour de nombreuses personnes, les incidents EHS se produisent de moins en moins souvent au fil du temps.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.