L’Amérique l’a découvert dans les années 70 – les dernières recherches du Canada pourraient tout changer
Chaque année, les scientifiques font des découvertes étonnantes dans divers domaines, et la peau issue de la bio-ingénierie a une histoire intéressante. Le concept de culture de cellules épithéliales et de transplantation a été avancé pour la première fois dans un article publié dans The Journal of Investigative Dermatology en 1970 par des scientifiques du Maryland. À l’époque, la recherche impliquait des souris et était destinée à être utilisée sur des patients qui ne disposaient pas de suffisamment de sites donneurs non blessés sur leur corps pour une greffe. Quatre ans plus tard, des scientifiques de l’Ohio ont publié dans Archives of Surgery une étude sur la greffe de peau de lapin à partir de cultures de tissus. Ce n’est cependant qu’en 1981 que l’utilisation d’autogreffes épithéliales de culture (ACE) sur des patients brûlés a été décrite dans The Lancet par des chercheurs du Massachusetts.
Au cours de la même décennie, le Laboratoire d’Organogenèse Expérimentale (LOEX) de Québec commençait à travailler sur les ACE. En 1999, cependant, ses chercheurs ont publié un article dans In Vitro Cellular & Developmental Biology décrivant un nouveau substitut cutané auto-assemblé (SASS). Ce substitut cutané autologue à deux couches ne bénéficie pas du soutien structurel d’un échafaudage en laboratoire. Depuis, les scientifiques canadiens du LOEX travaillent à l’amélioration de la technologie cutanée issue de la bio-ingénierie, ce qui a (jusqu’à présent) abouti au substitut cutané auto-assemblé de l’épidermolyse bulleuse génétiquement modifiée (GMEB-SASS). Ils croient que cette nouvelle greffe de peau est efficace pour améliorer la cicatrisation des plaies et mènent et recrutent actuellement la première phase d’un essai clinique parrainé par le Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.
Pourquoi la peau issue de la bio-ingénierie est si importante et comment fonctionne le GMEB-SASS
En tant que plus grand organe du corps, la peau représente environ 15 % du poids corporel d’une personne. Dans cette perspective, il est incroyable que la peau puisse se régénérer d’elle-même lorsqu’elle est blessée, parfois si bien qu’il ne reste aucune cicatrice. Mais il existe des cas où les plaies ont tout simplement du mal à guérir ou ne guérissent pas du tout, devenant une source d’inconfort et augmentant le risque de développement d’autres problèmes de santé. Dans d’autres cas, certaines conditions génétiques rendent les personnes vulnérables aux blessures. Pendant ce temps, les victimes de brûlures peuvent souffrir de brûlures sur une telle surface que les options de traitement habituelles ne sont tout simplement pas efficaces pour la guérison. C’est pourquoi la médecine régénérative et la peau issue de la bio-ingénierie sont si importantes, et le Canada entend montrer la voie.
Le GMEB-SASS développé actuellement par LOEX dans le cadre d’essais critiques, par exemple, vise à aider les personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive. En tant que maladie génétique, le RDEB rend la peau fragile et sujette aux cloques en réponse à un frottement ou à une blessure mineure. GMEB-SASS est cultivé à partir de cellules vivantes et génétiquement modifié en laboratoire pour s’intégrer à la peau d’un patient après la greffe. En utilisant le vecteur COL7A1 auto-inactivé (SIN) (le gène associé au RDEB), les scientifiques s’attendent à ce que la peau issue de la bio-ingénierie rajeunisse une connexion dermo-épidermique fonctionnelle. À l’exception de la modification génétique, la production du GMEB-SASS est similaire au SASS 2 que LOEX utilise également dans les essais cliniques sur les brûlés et repose sur la capacité des cellules à produire et organiser des tissus 3D in vitro.
