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Science

Le phénomène « d’auto-digestion » qui arrive au corps humain après la mort

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Le phénomène « d’auto-digestion » qui arrive au corps humain après la mort




Pour ceux qui ont une fascination morbide pour la mort – et soyons honnêtes, c’est secrètement la plupart d’entre nous – découvrir les choses étranges et effrayantes qui arrivent au corps après l’autopsie peut être étrangement passionnant. À ajouter à la liste, il y a un autre processus qui semble appartenir à un film d’horreur : votre corps commence à se digérer peu de temps après votre dernier souffle.

Pendant leur vie, les cellules de votre corps vaquent constamment à leurs activités vitales, utilisant l’oxygène pour libérer l’énergie des nutriments pendant la respiration cellulaire et gardant un contrôle strict des enzymes digestives, garantissant qu’elles restent là où elles devraient être. Leur lieu de résidence habituel se trouve à l’intérieur des lysosomes, où ils décomposent les éléments dont notre corps n’a pas besoin. Après la mort, il n’y a plus de flux sanguin pour fournir de l’oxygène aux cellules et les membranes cellulaires commencent à perdre leur intégrité structurelle, permettant aux enzymes digestives de s’échapper de la sécurité des lysosomes et de se mettre au travail sur les tissus environnants. Ce processus est connu sous le nom d’autolyse, avec auto signifiant « soi » en grec et lyse « division », et il s’agit essentiellement du corps qui commence à se « manger » de l’intérieur.

Il ne s’agit pas du même processus que la décomposition du corps due à des bactéries, connue sous le nom de putréfaction, bien que les deux processus puissent se chevaucher. Au lieu de cela, l’autolyse est le processus par lequel les composants de vos cellules se déchaînent une fois que vous avez vérifié.

L’autolyse se produit à des rythmes différents dans le corps

Une fois que votre corps commence à se digérer après la mort, cela ne se produit pas de manière uniforme dans tous les tissus et organes. Les organes qui contiennent une proportion plus élevée d’enzymes digestives et une abondance de lysosomes sont plus vulnérables à une autolyse rapide. Ceux-ci incluent le foie, le pancréas et les reins. Les muscles et les os digèrent beaucoup plus lentement en raison du nombre relativement faible d’enzymes hydrolytiques.

Comme de nombreuses réactions chimiques, la chaleur accélère le processus, de sorte qu’un cadavre chaud subira une autolyse plus rapidement qu’un cadavre plus froid. Pour cette raison, la congélation d’un corps peut ralentir considérablement, voire arrêter complètement l’autolyse, et empêcher un corps de se décomposer, ce qui peut parfois être fait si l’on prévoit un long délai pour une autopsie. Cependant, le processus de congélation et de décongélation d’un cadavre peut provoquer des lésions tissulaires qui pourraient affecter la précision d’un examen post mortem, c’est pourquoi la réfrigération est généralement préférée.

Un signe précoce sur le corps indiquant qu’une autolyse a eu lieu est généralement la cornée de l’œil qui devient blanche. À mesure que les cellules se décomposent, l’apparence de l’œil change et si les paupières sont ouvertes au moment de la mort, un phénomène particulièrement étrange peut se produire sur l’œil après la mort : une bande noire sur l’œil, appelée tache noire, peut également apparaître lors du séchage. À mesure que l’autolyse se produit dans tout le corps, plusieurs organes et structures commenceront à se ramollir à mesure que les enzymes digestives feront de leur mieux dans les systèmes corporels.

L’autolyse peut fournir des indices pour aider à estimer l’heure du décès

Si vous êtes un fan de CSI ou de toute autre émission télévisée de style médico-légal, vous saurez que le calcul de l’heure du décès est crucial pour déterminer les circonstances dans lesquelles une personne est décédée. Les cadavres donnent de nombreux indices sur la durée de leur mort, et l’autolyse y joue un rôle.

Le calcul de l’intervalle post mortem (PMI) implique de nombreux facteurs, et il s’agit plus d’une supposition éclairée que d’un temps ferme. L’autolyse chevauche la putréfaction, et entre elles, elles contribuent à la décomposition du corps, et l’étendue de la décomposition au sein de certains organes permet aux enquêteurs légistes et aux pathologistes d’établir une estimation de l’heure du décès.

Cependant, de nombreux facteurs peuvent affecter le calcul de l’heure du décès, et les corps qui ont été dans un environnement chaud juste après la mort seront plus avancés dans le temps d’autolyse que ceux qui se trouvent dans un environnement plus frais. Les pathologistes prennent donc en compte le taux d’autolyse ainsi que d’autres preuves pour estimer l’heure du décès. Ceux-ci incluent la rigidité cadavérique, qui est le raidissement des muscles ; algor mortis, qui est le processus de refroidissement du corps après la mort ; et le livor mortis, qui est l’accumulation de sang. Si des asticots ou d’autres insectes nécrophages sont présents, l’espèce et le stade du cycle de vie peuvent également aider les pathologistes à estimer un intervalle post mortem minimum. L’autolyse n’est peut-être qu’une pièce du puzzle permettant de déterminer l’heure de la mort, mais elle constitue une partie importante du processus final que traverse notre corps une fois notre vie terminée.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.