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Science

La « poussée » troublante que les gens peuvent ressentir juste avant la mort

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

La « poussée » troublante que les gens peuvent ressentir juste avant la mort




Les effets des maladies neurodégénératives et des lésions cérébrales sont généralement graves et ont un impact important sur les fonctions typiques. Quiconque a eu un proche atteint de démence connaît la douleur qui accompagne sa confusion et son manque de reconnaissance. Finalement, une maladie, comme la maladie d’Alzheimer, évolue jusqu’à affecter la capacité de la personne à communiquer, en s’appuyant sur quelques mots ou expressions qui peuvent être difficiles à interpréter. Mais dans certains cas, quelque chose d’un peu étrange se produit. A l’approche de la mort, quelqu’un semble soudain retrouver la compréhension et pourra poursuivre une conversation là où il ne pouvait pas le faire auparavant. Cet intéressant élan de conscience est appelé lucidité terminale.

Caractérisée par une impulsion incongrue de clarté et d’hyperactivité, la lucidité terminale n’est pas un terme médical officiel et repose en grande partie sur des récits anecdotiques, mais il existe une certaine littérature dans le domaine de la neuropsychiatrie pour l’étayer. Des rapports faisant état d’un tel phénomène existent depuis au moins le 19e siècle. Sans éducation appropriée, ce comportement peut surprendre et dérouter à la fois les soignants et les proches. Souvent, la lucidité terminale est décrite comme une personne devenant soudainement semblable à elle-même avant une maladie, et une telle manifestation peut donner lieu à un réseau complexe d’émotions douces-amères. Cependant, alors que les recherches sont en cours, nous ne connaissons pas les expériences exactes d’une personne en phase terminale de lucidité, et nous devons deviner ce que cela signifie.

Cas de lucidité terminale

Notre compréhension de la lucidité terminale repose sur des méthodes de recherche limitées, notamment des rapports de cas et des souvenirs d’êtres chers. Depuis plus de 200 ans, les comptes rendus publiés fournissent des études détaillées sur des cas particuliers. Par exemple, en 1822, un garçon de 17 ans avait subi un traumatisme crânien à l’âge de 6 ans, entraînant un abcès cérébral entraînant des symptômes progressivement délétères, notamment des douleurs chroniques et une incapacité à se souvenir. Lorsque d’autres symptômes physiques, tels que des vomissements, se sont manifestés, le garçon a été hospitalisé. Un jour, il a brusquement quitté son lit d’hôpital et a déclaré qu’il ne souffrait plus et qu’il avait l’intention de rentrer chez lui ce jour-là. En quelques minutes, il était mort.

Des chercheurs russes ont décrit les cas de trois patients atteints de schizophrénie en 1975, chacun d’entre eux faisant preuve d’une clarté surprenante environ un mois avant son décès. Dans un cas, un patient était catatonique depuis 17 ans et semblait retrouver une certaine compréhension environ un mois et demi avant de mourir. Un autre patient a présenté une rémission des symptômes de la schizophrénie après être tombé gravement malade un mois avant son décès.

Dans une revue de 2012, Michael Nahm et ses collègues ont détaillé quelques histoires qui leur avaient été racontées, notamment le cas d’une grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette patiente en particulier n’avait pas parlé ou semblait reconnaître les membres de sa famille depuis des années. Puis, une semaine avant sa mort, elle a commencé à avoir des conversations avec sa petite-fille, au cours desquelles elle lui a donné des conseils et s’est enquise de plusieurs membres de sa famille.

La science jusqu’à présent

Une chose que vous remarquerez à propos des cas mentionnés ci-dessus, c’est qu’ils sont anecdotiques. Cela crée un défi lors de l’étude scientifique d’un tel phénomène, car il ne s’agit pas de contextes contrôlés et, souvent, les récits ne proviennent pas d’observateurs qualifiés. Parfois, la confusion et la détresse entourant la mort peuvent créer un vide, provoquant des sauts de logique à la recherche du sens d’une souffrance aussi profonde.

Cela dit, les neurosciences autour de la lucidité terminale sont jusqu’à présent un peu floues. Certaines études EEG ont montré une augmentation de l’activité des ondes gamma dans le cerveau, associée à des fonctions neurologiques d’ordre supérieur, notamment le rappel de la mémoire, dans les minutes entourant la mort. Certains suggèrent que, à mesure que le cerveau perd de l’oxygène, il devient hautement synchronisé, démontrant un niveau d’activité organisée. Un autre mécanisme possible implique la désinhibition des circuits endommagés chez les patients atteints de maladies neurodégénératives. Bien que la perte de neurones soit généralisée dans ces cas, il est peut-être possible que certaines fonctions neurologiques soient accessibles de cette manière.

Il est important de noter que la lucidité terminale est notée à plusieurs reprises par les soignants. Une étude a porté sur les expériences des travailleurs de la santé palliative, et sept sur dix ont vu des patients devenir soudainement lucides peu de temps avant leur décès. Ceci est un exemple de la nécessité d’une enquête plus approfondie, par opposition au licenciement, pour élucider des comportements inexplicables.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.