L’habitude « à l’ancienne » des baby-boomers qui est en fait soutenue par la science
Les gens se plaignent de la « nouvelle » génération depuis des millénaires. Dès le IVe siècle avant J.-C., Aristote écrivait de manière cinglante à propos des jeunes adultes de son époque : « Les jeunes ont un esprit noble parce qu’ils n’ont pas encore été humiliés par la vie et n’ont pas non plus fait l’expérience de la force des circonstances. » Une telle observation aurait facilement pu sortir de la bouche d’un baby-boomer d’aujourd’hui. Bien que regarder le passé avec des lunettes teintées en rose soit une caractéristique intemporelle du vieillissement, certaines habitudes de la vieille école des générations précédentes étaient légitimement plus saines pour les jeunes en pleine croissance. Concrètement, ils jouaient dehors.
Des recherches ont montré que les jeux extérieurs sont de plus en plus remplacés par des modes de vie sédentaires et intérieurs. Ceci est facilement observable dans la vie de tous les jours : on voit moins d’enfants explorer la nature, faire du vélo, jeter des pierres sur les trains et se promener dans le quartier sans surveillance. Évidemment, cette diminution s’accompagne de moins de risques de blessures corporelles, mais le mode de vie sédentaire qui a remplacé ces activités pourrait entraîner des risques plus importants pour le développement global de l’enfant.
En 2015, le Canada a publié l’Énoncé de position sur le jeu actif en plein air après un examen de 18 études portant sur les effets du jeu en plein air sur les enfants. Les conclusions de l’équipe de recherche étaient claires : le jeu en plein air est essentiel au développement sain d’un enfant. La déclaration identifie huit domaines de recherche distincts autour de la question, notamment les effets du jeu spontané en plein air sur la prise de risque, la santé physique, les compétences sociales et la capacité d’apprendre par soi-même. Ainsi, il semblerait que jouer dehors ait des impacts considérables sur la croissance d’un enfant et que tout ce temps passé à regarder un écran lui fait plus de mal que de simplement lui faire mal aux yeux.
Pourquoi jouer en plein air est si bon pour un enfant en pleine croissance
La recherche sur les bienfaits du jeu extérieur peut être divisée en trois catégories : le développement physique, le développement mental et le développement social. Les bienfaits physiques sont évidents, puisque l’exercice en plein air aide à bâtir un corps sain. Mais il existe également des avantages physiques moins évidents. Par exemple, les carences en vitamine D chez les enfants sont en augmentation, probablement en raison du temps passé davantage à l’intérieur, même si de nouvelles recherches suggèrent que la vitamine D joue un rôle important dans le processus de vieillissement. En outre, une étude récente de l’Université du Texas à Austin suggère que l’augmentation des taux d’obésité infantile pourrait s’expliquer en partie par la diminution des taux de jeu en plein air.
Le jeu en plein air est essentiel à la santé cognitive, en particulier lorsque les enfants peuvent interagir avec la nature dans des environnements non structurés. Il a été démontré que permettre à un enfant de jouer et d’explorer dans l’environnement naturel améliore la régulation émotionnelle, encourage l’autonomie et augmente l’empathie. Cela présente également des avantages en classe : le jeu basé sur la nature entraîne une capacité d’attention, une concentration et un engagement accrus. Et ce n’est pas seulement vrai pour les enfants. La recherche suggère que les activités de plein air offrent des avantages cognitifs à tous les groupes d’âge, ce qui peut expliquer pourquoi le tai-chi est si bon pour le cerveau des personnes âgées et pourquoi la mémoire des adultes est affaiblie par trop de temps passé devant un écran.
Comme de nombreux baby-boomers ont tendance à le souligner, les interactions sociales entre les enfants du quartier ont pratiquement disparu à l’ère moderne des lieux de rencontre virtuels. Des études ont montré que passer du temps dans les lieux publics développe chez les enfants un sentiment d’appartenance partagé, des compétences sociales interpersonnelles et une plus grande confiance sociale. En effet, les avantages du jeu en plein air sont considérables, alors il est peut-être temps de faire ce que diraient les enfants : « aller toucher l’herbe ».
