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Science

Tout le monde l’utilisait dans les années 80. La science explique pourquoi elle a attiré votre attention

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Tout le monde l'utilisait dans les années 80. La science explique pourquoi elle a attiré votre attention




Les années 80 et 90 ont été une période colorée. Les dessins animés, les publicités et les vêtements de l’époque étaient saturés de couleurs vives et captivantes, attirant l’attention des gens à travers des teintes vibrantes qui éclataient. Aujourd’hui, nous appelons généralement ces couleurs « néons », une palette qui est largement tombée en désuétude au cours des dernières décennies. Les couleurs fluo sont encore utilisées dans les tissus, mais elles sont principalement destinées à la visibilité – d’où les dossards de sport, les crampons, les uniformes du personnel d’urgence, etc. Et il y a une bonne raison pour laquelle les textiles fluorescents vivent toujours dans nos garde-robes. Les scientifiques appellent ces couleurs « fluorescentes », car elles convertissent la lumière invisible à haute énergie en une lumière à plus faible énergie que nos yeux peuvent voir.

Les couleurs fluorescentes attirent le regard des gens depuis plus d’un siècle. Le mot « néon » a été adopté à partir de la lumière produite par les premières expériences avec les gaz rares, le néon étant l’un d’entre eux, l’argon un autre. Les deux gaz peuvent être utilisés pour produire une lumière fluorescente lorsqu’ils sont placés dans un tube scellé et connectés à un courant électrique. La conception s’est avérée être une ampoule efficace (même si elle nécessitait des métaux toxiques), et « l’âge d’or du néon » (~ 1920-1960) a été défini par l’éclairage à tubes fluorescents qui éclairait des villes entières.

Le résultat était une couleur rouge brillante avec une qualité saturée et intense. Il s’agissait clairement d’une création humaine, et le mot « néon » utilisé pour le décrire est resté. Cette lumière d’apparence artificielle a ensuite réapparu avec la diffusion de nouvelles teintures textiles vibrantes, et les années 1980 et 1990 ont réinventé le sens du mot « néon ». En réalité, les lumières et les pigments peuvent être fluorescents et tous deux attirent notre attention. Les vêtements lumineux, dits « néon », des années 80 n’étaient en réalité qu’un jeu de lumière.

La chimie et la culture de notre attirance pour les couleurs fluorescentes

Nous percevons les lampes fluorescentes comme plus brillantes car elles sont essentiellement de la lumière ultraviolette convertie en lumière visible. Dans le cas des maillots de sport fluo, les molécules contenues dans les pigments du maillot absorbent la lumière UV et la réémettent dans une bande de lumière visible plus haute et plus étroite, rendant les couleurs plus intenses. Dans le cas des enseignes au néon fluorescent, la lumière produite est concentrée dans la longueur d’onde bleue et violette à haute énergie.

Mais la physique et la chimie ne sont pas les seules raisons pour lesquelles les lumières fluorescentes semblent si intenses. Notre évolution peut également expliquer notre attirance pour les couleurs néon. Par exemple, des couleurs fluorescentes sont utilisées pour les dossards des uniformes du personnel d’urgence, car ces teintes monochromes austères ressortent dans les environnements sombres. Nos yeux sont adaptés pour se diriger vers tout ce qui pourrait constituer une menace, et toute couleur déplacée déclenche cette réponse. Étant donné que nous sommes issus de singes (et que nous continuons d’être des singes), la vie avant la civilisation était une vie de vigilance constante.

Il est également possible que nous réagissions instinctivement en évitant les couleurs fluorescentes et vives dans la nature. De nombreuses créatures venimeuses et venimeuses utilisent une coloration vive pour annoncer leur toxicité, dans une adaptation appelée aposématisme. Un exemple est la grenouille empoisonnée ; brillamment colorée dans des couleurs anormalement « néon », la grenouille empoisonnée est rarement consommée, car la plupart des prédateurs restent à l’écart à la vue d’une teinte aussi étrange et alarmante, surtout lorsqu’elle contraste avec les verts et bruns chauds des climats tropicaux où elle vit.

Les lampes fluorescentes dérangent notre cerveau depuis des décennies

Dans les années 1980, les lampes fluorescentes étaient courantes dans le monde entier, illuminant les allées des restaurants, des bars et d’autres attractions nocturnes. Leur déclin a commencé lorsque des alternatives moins chères, plus légères et plus sûres sont apparues pour les remplacer. Le plus gros clou du cercueil fluorescent était peut-être les problèmes de santé émergents, car les tubes de mercure scellés sont dangereux s’ils sont jetés de manière inappropriée. Aujourd’hui, peu de lampes fluorescentes traditionnelles sont fabriquées, la plupart étant de plus en plus remplacées par des LED. Pourtant, beaucoup d’entre nous sont tristes de les voir partir. Il y a quelque chose qui attire nos yeux vers les lumières fluorescentes, et cela commence dans notre cerveau.

Il a été démontré que les lampes fluorescentes stimulent l’activité cérébrale à l’état de veille, et certaines études ont même démontré comment des températures de couleur plus élevées, en particulier les bleus et les violets, ont des effets perturbateurs à long terme sur nos cycles de sommeil. Les lampes fluorescentes à haute température nous réveillent essentiellement aux heures où nous commençons à nous sentir fatigués. Il n’est pas étonnant que les lampes fluorescentes soient associées aux bars et aux attractions nocturnes, car les ampoules fluorescentes sont parfaites pour réveiller les clients payants.

Il existe également des preuves que le scintillement rapide des lumières fluorescentes déclenche une réaction de « combat ou de fuite », de la même manière que les lumières de secours clignotantes provoquent un sentiment de vigilance. Les lampes fluorescentes sont constituées de tubes d’argon et d’une goutte de mercure, et elles peuvent scintiller de manière visible et apparemment aléatoire. Cependant, les ampoules fluorescentes sont essentiellement des lumières stroboscopiques très rapides, clignotant environ 100 fois par seconde. C’est plus rapide que ce que le cerveau humain peut traiter, mais juste assez lent pour provoquer une étrange attraction pour l’œil humain.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.