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Science

Le type d’arbre qui peut réellement produire de l’or

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Le type d’arbre qui peut réellement produire de l’or




La vie sur Terre se présente sous d’innombrables formes et tailles, mais tous les organismes sont majoritairement composés d’une poignée d’éléments communs. En fait, les trois éléments les plus courants dans le corps humain sont le carbone, l’hydrogène et l’oxygène, qui représentent ensemble plus de 93 % de la masse totale du corps. D’autres éléments, tels que le calcium et le fer, sont également utilisés dans les processus biologiques, bien qu’en quantités relativement faibles ; c’est vrai chez les humains, ainsi que chez la plupart des autres êtres vivants. C’est pourquoi, lorsque les scientifiques ont découvert des traces d’or dans les aiguilles des épicéas de Norvège, la manière exacte dont le métal précieux y était parvenu à l’état solide était un mystère.

Aujourd’hui, les chercheurs ont identifié le coupable le plus probable derrière les aiguilles saupoudrées d’or : les bactéries. Selon une étude de 2025 publiée dans la revue Environmental Microbiome, des taxons spécifiques de bactéries ont été trouvés regroupés dans les aiguilles des épicéas de Norvège qui contenaient des nanoparticules d’or. Pourtant, de tels amas étaient absents dans les épicéas de Norvège qui ne contenaient pas de nanoparticules d’or. Ces découvertes suggèrent que, plutôt que l’arbre « fondant » lui-même les ions d’or en or massif, les microbes sont les véritables ouvriers du métal.

Les scientifiques savaient déjà comment l’or passe du sol aux tissus végétaux. Les particules d’or dans le sol existent sous forme d’ions individuels flottant librement qui se dissolvent dans l’eau, de sorte qu’elles peuvent facilement se frayer un chemin à travers le système vasculaire d’un arbre lorsqu’il aspire l’eau. À partir de là, l’arbre peut isoler et stocker des ions métalliques dans ses tissus afin de les utiliser pour des processus essentiels, tels que la croissance et la défense. Cependant, l’or stocké reste sous forme d’ions individuels déconnectés – au moins jusqu’à ce que certains microbes les trouvent. Les chercheurs ont identifié trois taxons bactériens spécifiques regroupés autour de nanoparticules d’or massif. L’équipe soupçonne que lorsque ces microbes construisent leurs abris, appelés biofilms, ils précipitent ainsi les ions d’or en or solide.

Transformer les arbres au poivre doré en outils scientifiques

On ne sait pas encore exactement comment les microbes transforment les ions d’or en or massif, mais les dernières découvertes constituent un pas en avant pour l’étude de la géologie, de l’écologie et de la gestion de l’environnement. Les géologues savent depuis longtemps que les plantes accumulent les métaux du sol. En effet, les géomètres profitent du phénomène dans une pratique appelée « exploration biogéochimique ». Plutôt que de forer dans le sol pour tester la teneur en or et autres métaux des roches, les techniques biogéochimiques peuvent simplement analyser la composition des plantes qui poussent au-dessus du site.

Mais aussi utile que puisse être la technique, elle n’est pas très précise, en partie parce que les scientifiques ne comprennent pas pleinement les mécanismes biologiques qui provoquent la minéralisation des ions métalliques dans les plantes. À mesure que les chercheurs en apprennent davantage sur le rôle des bactéries, les techniques d’analyse biogéochimique peuvent être affinées et perfectionnées. À l’avenir, les géologues pourront peut-être s’appuyer presque entièrement sur des analyses biogéochimiques et laisser les méthodes conventionnelles dans le passé. Cela signifierait moins de forages et d’excavations aveugles, pratiques qui perturbent souvent les écosystèmes locaux.

La science biogéochimique peut également contribuer aux efforts de nettoyage de la pollution. Le processus mis en évidence dans l’étude scandinave de 2025, dans lequel les plantes absorbent des ions métalliques et les convertissent en solides, est appelé biominéralisation. Les chercheurs espèrent que la biominéralisation pourrait être la clé pour éliminer les métaux lourds et autres polluants de l’eau et du sol contaminés. Certains experts ont proposé d’utiliser la biominéralisation pour assainir les mines à ciel ouvert abandonnées, où les produits chimiques utilisés dans l’exploitation minière rendent souvent la terre exposée toxique. À cette fin, les dernières découvertes suggèrent que les plantes ne peuvent pas à elles seules éliminer les polluants : elles ont besoin de microbes spécifiques dans leur équipe.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.