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Science

Les scientifiques ont-ils réellement découvert la durée de vie moyenne d’un mammouth laineux ?

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Les scientifiques ont-ils réellement découvert la durée de vie moyenne d’un mammouth laineux ?




Alors que l’on parle ces derniers temps de la disparition des animaux, il n’est pas étonnant que les mammouths fassent la une des journaux. Mais malgré nos ambitions de ramener les mammouths dans le monde des vivants – et le fait qu’ils prospéraient relativement récemment à l’échelle des temps géologiques – nous ne savons pas vraiment grand-chose à leur sujet. Cependant, une chose que nous pensons savoir est la durée de vie des mammouths : environ 60 ans.

Cette connaissance ésotérique nous vient d’une équipe de scientifiques basée en Australie. Les chercheurs voulaient trouver une base génétique pour la durée de vie (et ils avaient une idée générale de l’endroit où chercher), ils ont donc comparé l’ADN de plus de 250 espèces de vertébrés différentes à la recherche de marqueurs spécifiques. Après avoir peaufiné leur modèle et examiné l’ensemble du génome du mammouth, ils ont opté pour un résultat de 60 ans.

Mais l’équipe australienne ne s’est pas contentée d’estimer la longévité des pachydermes préhistoriques. La tourte voyageuse a également fait partie de ses recherches. Malheureusement, la tourte voyageuse a disparu il y a plus de 100 ans, mais la dernière est décédée vers l’âge de 29 ans, ce qui correspond parfaitement à la durée de vie prévue de 28 ans. La méthode de l’équipe n’est cependant pas parfaite. En analysant le génome humain, on a prédit une durée de vie de seulement 38 ans.

Comment l’ADN peut-il être utilisé pour prédire la durée de vie ?

Afin de faire leurs prédictions, les chercheurs – dont les travaux sont publiés dans Scientific Reports – ont dû examiner des parties spécifiques de l’ADN des animaux appelées sites cytosine-phosphate-guanine (CpG). La cytosine, l’une des quatre bases nucléiques, est le seul endroit de l’ADN où la méthylation peut se produire, et la méthylation (l’ajout d’un CH de type méthane3 molécule) est connue pour jouer un rôle important dans le vieillissement. Plus précisément, les chercheurs ont examiné la densité de CpG dans des parties particulières du génome appelées îles CpG. Ils ont constaté que plus le CpG est dense dans ces amas, plus la durée de vie maximale de l’animal est longue.

Le modèle de prédiction des chercheurs était précis pour environ 75 % des plus de 250 génomes testés. C’est plutôt bien, mais l’étude et le modèle de durée de vie qu’elle décrit présentent certaines limites. Le plus important est qu’il ne semble fonctionner qu’avec les vertébrés. Lorsqu’ils ont basé leur modèle sur la mouche commune des fruits, ils ont prédit une durée de vie d’environ 16 ans, bien loin de la durée de vie réelle d’environ 60 jours.

La récente rétractation de deux articles de l’auteur principal de l’étude, Benjamin Mayne, complique les choses. Les deux études retirées portaient sur la méthylation de l’ADN et l’estimation de l’âge, mais jusqu’à présent, aucune inquiétude n’a été soulevée concernant l’article exposant l’estimation de la durée de vie, ni aucun des nombreux autres articles qu’il a co-écrits au cours des cinq dernières années.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.