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Science

Des scientifiques ont simulé la fin du monde et les résultats sont révélateurs

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Des scientifiques ont simulé la fin du monde et les résultats sont révélateurs




Depuis le Big Bang qui a permis à l’univers de s’étendre jusqu’à ce qu’il est aujourd’hui, jusqu’aux 6 millions d’années d’évolution qui ont ouvert la voie à l’Homo sapiens, le hasard semble être un facteur clé de notre existence sur cette planète. Ainsi, cela ne vous surprendra peut-être pas d’apprendre qu’il y aura probablement un moment où notre chance s’épuisera et où la Terre que nous appelons notre maison ne sera plus. Pendant de nombreuses décennies, on a supposé que cette catastrophe planétaire inévitable se produirait dans près de 2 milliards d’années. Mais de nouvelles estimations, basées sur la disponibilité de l’oxygène, suggèrent que la fin est plus proche de la moitié de ce temps.

L’oxygène est vital pour la plupart des formes de vie sur Terre. Notre capacité à fonctionner, jusqu’à nos cellules, repose sur ce bel élément. Bien que quelque chose de si omniprésent et nécessaire à la survie qu’il soit tenu pour acquis, l’oxygène n’était pas toujours disponible. Au cours de l’ère archéenne, la Terre était principalement sous l’eau et la vie était anaérobie, ce qui signifie qu’elle n’avait pas besoin d’oxygène. À cette époque, l’atmosphère terrestre était composée en grande partie de méthane, de dioxyde de carbone et d’eau. Cependant, l’introduction de cyanobactéries allait tout changer et conduire à ce que l’on appelle le « grand événement d’oxydation ».

Les origines et l’avenir d’une atmosphère riche en oxygène

Les cyanobactéries sont des microbes uniques qui ont évolué il y a 2,7 milliards d’années. Leur super pouvoir est qu’ils peuvent photosynthétiser, ce qui était nouveau au moment de leur première apparition. Utilisant la lumière du soleil, ils oxydent l’eau et génèrent de l’énergie. Heureusement, l’oxygène est créé comme sous-produit. Petit à petit, ces microbes ont introduit de l’oxygène dans l’atmosphère et du méthane a été éliminé. Un changement aussi énorme dans la composition de l’atmosphère a permis aux organismes aérobies d’évoluer et de s’épanouir.

Comme conséquence supplémentaire, une grande partie de la vie anaérobie préexistante a péri. Est-il possible que l’inverse se produise à l’avenir ? Même si nous comprenons depuis longtemps que la fin de la vie sur Terre telle que nous la connaissons est inévitable, les prédictions précédentes étaient basées sur la croissance du Soleil et son potentiel à engloutir notre planète. Cela devrait se produire dans environ 5 milliards d’années. Cependant, il a également été admis que le rayonnement solaire serait capable de détruire complètement les océans de la Terre d’ici environ 2 milliards d’années, rendant ainsi cette planète inhabitable pour nous.

La fin est proche

Bien que ces facteurs soient bien étayés par les modèles existants, ils n’ont pas pris en compte l’indisponibilité de l’oxygène atmosphérique qui pourrait les précéder. Un résultat de ces prévisions est que le dioxyde de carbone est considérablement réduit. Cela crée un gros problème pour l’oxygène, car le dioxyde de carbone est nécessaire à la photosynthèse. Par conséquent, si les niveaux de dioxyde de carbone s’amenuisaient au point que les plantes sur Terre périssent, cela perturberait considérablement la biosphère, laissant l’oxygène de moins en moins disponible.

Forts de cette idée, les chercheurs Kazumi Ozaki et Christopher T. Reinhard ont exécuté un modèle pour prédire la future biosphère de la Terre et ont publié leurs résultats dans Nature Geoscience. Ils ont exécuté un modèle basé sur le climat et les facteurs biologiques, géologiques et chimiques qui affectent l’environnement. Ce modèle a été exécuté 400 000 fois et les résultats ont considérablement réduit le délai précédemment établi à 1 milliard d’années. Même si c’est encore très loin, il peut être déconcertant de savoir que l’espace que nous habitons dans l’univers a une date d’expiration pour accepter notre compagnie et celle d’autres organismes aérobies.

Cette année, l’horloge de la fin du monde a été réglée le plus près de minuit que nous ayons jamais vu, pour représenter métaphoriquement à quel point nous sommes potentiellement proches d’une catastrophe mondiale. Les facteurs pris en compte dans cette prévision catastrophique résultent de décisions et de comportements humains. Sachant que notre écosystème existe déjà dans un équilibre plus fragile que nous pourrions l’espérer, il est important que nous maintenions les éléments de la planète qui nous permettent actuellement de prospérer.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.