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Science

Des scientifiques ont découvert des similitudes inattendues entre l’ADN des chiens et des humains

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Des scientifiques ont découvert des similitudes inattendues entre l’ADN des chiens et des humains




Notre lien avec les chiens est profond. Après tout, les chiens ont été l’un des premiers animaux domestiques, voire le tout premier. Il y a une raison pour laquelle ils ont reçu le surnom de « meilleur ami de l’homme ». Beaucoup d’entre nous considèrent nos chiens comme une famille, les oignant de titres comme « bébé à fourrure » et célébrant le jour où ils sont entrés dans nos vies avec des biscuits pour chiens et de nouveaux jouets. Mais nos chiens sont-ils réellement nos proches ? Sur le plan évolutif, nous sommes assez étroitement liés et, par conséquent, nous avons un chevauchement important dans notre ADN. Ces ressemblances peuvent être utiles pour comprendre certains phénomènes de santé, voire comportementaux, tant chez l’humain que chez nos amis à quatre pattes.

L’ADN est le code que suivent nos cellules et constitue une grande partie de ce qui fait de nous ce que nous sommes. Et nous en avons beaucoup. Le génome humain contient 3,2 milliards de paires de bases – ces petits cercles que l’on voit dans un modèle d’ADN 3D typique – alors que le génome du chien contient environ 2,5 milliards de paires de bases. Des recherches antérieures ont suggéré que les humains et les chiens partagent environ 84 % du même ADN. Les gènes sont des sections de notre code génétique qui fournissent les instructions nécessaires à la fabrication des protéines, et nous en partageons environ 17 000 avec les chiens. Bien sûr, il existe de nombreuses différences morphologiques, comportementales et biologiques entre nos meilleurs amis et nous, mais nous pouvons apprendre beaucoup de choses de ce que nous partageons.

Fraternité des gènes voyageurs

Le Dogue du Tibet est une race de chien majestueuse et de grande taille qui apparaît parfois plus comme un ours que comme un chien. Recouverts de couches de fourrure longue et moelleuse, ces chiens ont été élevés par des nomades au Tibet et sont devenus des gardes appréciés des individus vivant dans l’Himalaya. Ces montagnes s’élèvent très haut dans le ciel, là où l’oxygène devient moins disponible. Ainsi, vivre à haute altitude peut conduire à des adaptations astucieuses. Les chercheurs ont découvert que les dogue du Tibet et les humains vivant dans les montagnes tibétaines présentaient tous deux une mutation du gène EPAS1, qui code pour une protéine régulatrice qui aide l’organisme à réagir aux faibles niveaux d’oxygène. Ces mutations semblent contribuer à augmenter l’efficacité de la protéine. Ainsi, les humains et les chiens de l’Himalaya semblent avoir développé une convergence génétique qui améliore leur réponse aux faibles niveaux d’oxygène de leur environnement. Ce serait un exemple de l’influence que peut avoir l’environnement sur les séquences génétiques.

Si vous avez un chien, vous avez peut-être découvert qu’il adore les frites, tout comme beaucoup d’humains. Notre affinité commune pour ces collations à base de pommes de terre est permise par notre capacité à digérer l’amidon. Grâce au gène AMY2B conservé entre nos espèces, nous pouvons produire l’enzyme amylase pancréatique, responsable de la dégradation de l’amidon. La plupart des races de chiens possèdent ce gène, qui, selon les chercheurs, dérive du changement agricole survenu à l’époque préhistorique. Cela signifie que les ancêtres canins ont probablement développé ce gène avant leur domestication.

Génétique et comportement

L’étude de la constitution génétique des chiens peut également nous aider à comprendre l’influence de l’ADN sur certains traits comportementaux. Une étude publiée dans les Actes des National Academies of Sciences en 2025 a observé comment certains gènes étaient associés à des phénotypes comportementaux spécifiques, qui sont des traits représentés de l’extérieur. Par exemple, le gène ASCC3 était corrélé à l’anxiété non sociale chez les chiens. C’est à ce moment-là que les chiens semblent paniquer en réponse à des éléments de leur environnement, tels que des bruits forts. Vous avez peut-être été témoin d’un tel comportement de la part de votre chiot lorsqu’une voiture bruyante passe à toute vitesse ou en réponse à un pire ennemi commun : l’aspirateur.

Il est intéressant de noter que les associations génétiques et phénotypiques chez les chiens de cette étude étaient en fait corrélées à certaines tendances psychologiques humaines. À titre d’exemple, le gène mentionné ci-dessus est associé au névrosisme et à l’anxiété chez l’homme. Un autre parallèle intéressant identifié dans l’étude est celui du gène ROMO1. Ce gène était associé au fait que les chiens étaient plus faciles à dresser. Chez l’humain, le gène ROMO1 est associé à l’intelligence, mais aussi à la dépression et à la sensibilité émotionnelle.

Il pourrait être surprenant d’apprendre que nous avons autant de chevauchements génétiques avec nos compagnons à fourrure. Il existe en fait de nombreux gènes conservés chez les mammifères, ce qui explique en partie pourquoi les chercheurs utilisent des animaux non humains pour leurs recherches sur la santé et le comportement humains. L’étude des corrélats génétiques de nos parents ancestraux présente de nombreux avantages pour développer une meilleure compréhension de nos traits communs.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.