Rejoignez-nous
Science

Huit pour cent de votre ADN n’est pas humain – voici d’où il vient

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Huit pour cent de votre ADN n’est pas humain – voici d’où il vient




Dire que le génome humain regorge d’informations serait un euphémisme. Une seule cellule contient un code de 6 milliards de lettres à l’intérieur d’un brin d’ADN, agissant comme un manuel d’instructions pour cette cellule et révélant des détails aux scientifiques. Par exemple, les tests ADN révèlent des informations étonnantes sur les anciens sacrifices rituels mayas, notamment sur le fait qu’ils impliquaient uniquement des hommes et non des femmes. Et en plus de cela, le séquençage et l’analyse de l’ADN publiés dans Nature ont révélé que 8 % du génome humain est constitué de rétrovirus endogènes humains (HERV).

Les rétrovirus sont des virus qui utilisent de l’acide ribonucléique (ARN) au lieu de l’ADN comme matériel génétique – une différence clé entre un rétrovirus et un virus à ADN. Lorsque les cellules sont infectées par des rétrovirus, elles convertissent l’ARN rétroviral en ADN, qui devient partie intégrante de l’ADN des cellules hôtes. Ensuite, les cellules répliquent les rétrovirus et le cycle continue. Certains de ces rétrovirus primitifs ont infecté des ovules, des spermatozoïdes et d’autres cellules germinales, leur permettant de faire partie du génome ancestral humain et d’être transmis de génération en génération.

Donc, essentiellement, les HERV sont des restes d’infections anciennes qui ont infiltré la lignée germinale des primates il y a 100 millions d’années. Et selon une étude publiée dans Retrovirology, environ 30 HERV ont aujourd’hui été détectés chez l’homme.

Ce que les anciens rétrovirus du génome signifient pour la santé humaine

Les HERV sont en quelque sorte une arme à double tranchant car, après avoir acquis les caractéristiques permanentes de l’ADN et avoir été transmis de génération en génération, ils peuvent influencer la santé humaine pour le meilleur ou pour le pire. Selon une recherche publiée dans Nature et Nature Genetics, les bienfaits jouent respectivement un rôle dans le développement précoce des embryons humains (peut-être dans la lutte contre les virus) et dans le fonctionnement du placenta pendant la grossesse. D’autres études publiées dans PLOS Biology and Science suggèrent que certains HERV ont aidé le système immunitaire à évoluer pour se défendre contre les virus modernes qui tentent d’infecter les cellules humaines.

Malgré ces avantages, la présence des HERV présente un risque important en matière de maladies humaines, déclenchant de graves réponses pathologiques lorsqu’ils sont réactivés ou réveillés. Des recherches publiées dans Computational and Structural Biotechnology Journal et Frontiers in Immunology indiquent que l’expression anormale de HERV pourrait être à l’origine du développement de maladies auto-immunes, telles que le lupus et la sclérose en plaques. De plus, des liens ont été établis entre les HERV et la progression des maladies neurodégénératives et des cancers – tels que la leucémie, le lymphome et le mélanome – par des études publiées dans Biomolecules and Retrovirology.

Certains scientifiques continuent de chercher à savoir s’ils peuvent ou non utiliser les HERV comme biomarqueurs pour identifier les cancers et les maladies. Entre-temps, divers domaines de recherche, comme celui publié dans le Journal of Virology et MedComm, suggèrent que trouver comment désactiver ou faire taire les HERV peut conduire à des traitements innovants.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.