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Science

Les scientifiques affirment que ce nouveau traitement pourrait éliminer complètement le VIH chez les nouveau-nés

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Les scientifiques affirment que ce nouveau traitement pourrait éliminer complètement le VIH chez les nouveau-nés




Au cours des quatre dernières décennies, les chercheurs ont développé une gamme de thérapies contre le VIH (un rétrovirus qui utilise l’ARN au lieu de l’ADN) qui ont fait de la maladie un problème de santé chronique et gérable pour ceux qui peuvent obtenir et se permettre un traitement. Le VIH infecte et détruit les cellules du système immunitaire appelées cellules T auxiliaires. Les thérapies antirétrovirales peuvent réduire le nombre de virus circulant dans l’organisme (la charge virale) à un niveau indétectable, mais cela ne signifie pas pour autant que les patients sont guéris. Cependant, des chercheurs ont récemment découvert une combinaison de traitements qui pourraient éliminer les infections par le VIH chez les nouveau-nés.

Dans une étude publiée dans Nature Microbiology, des chercheurs ont testé une combinaison de trois traitements chez des primates non humains infectés par le VIH. Ils ont traité les macaques rhésus 72 heures après l’infection en utilisant des médicaments antirétroviraux, des anticorps largement neutralisants et un anticorps monoclonal expérimental connu sous le nom de leronlimab. L’équipe de recherche a constaté que les sujets n’avaient aucun taux de VIH détectable un an après une administration unique de cette thérapie combinée. Des recherches plus approfondies chez l’homme sont nécessaires, mais ces résultats pourraient indiquer un traitement capable d’éliminer le VIH chez plus de 120 000 bébés infectés chaque année. De plus, ce traitement unique pourrait signifier que les bébés infectés n’auraient pas besoin de prendre de médicaments pour le reste de leur vie.

Un besoin de meilleurs traitements contre le VIH

Actuellement, environ 1,4 million d’enfants dans le monde vivent avec le VIH. Sans traitement, environ 80 % des nourrissons infectés par le VIH à la naissance mourront au cours de leurs cinq premières années de vie. En effet, le système immunitaire plus faible des nourrissons et des jeunes enfants permet au VIH de progresser plus rapidement. Le traitement du VIH chez les enfants est possible, même si les populations pédiatriques sont encore moins susceptibles de recevoir un traitement que les adultes. Pour cette raison, la prévention est cruciale.

Environ 95 % des infections pédiatriques par le VIH résultent d’une infection verticale. C’est là que le virus passe de la mère au bébé pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Pendant l’accouchement, les nouveau-nés peuvent être exposés au VIH en avalant des liquides ou en les mettant dans les yeux. Le virus peut également passer par le lait maternel. Réduire la charge virale de la mère diminue les risques d’infecter l’enfant. Grâce au dépistage et à l’utilisation de thérapies antirétrovirales pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant est inférieur à 1 %.

Cependant, les tests et les traitements ne sont pas accessibles ou abordables pour tout le monde dans le monde. Ainsi, être capable d’éliminer le VIH des nourrissons dans ces cas-là ou en cas d’échec du traitement serait révolutionnaire.

Un combo médicamenteux gagnant

Le traitement le plus couramment utilisé contre le VIH – la thérapie antirétrovirale – agit en ciblant différentes actions du virus à l’aide d’une combinaison de médicaments. Ces médicaments comprennent des médicaments qui empêchent le virus de s’attacher aux cellules, l’empêchent de se briser et de réassembler les protéines pour fabriquer de nouvelles copies de lui-même, ou empêchent le VIH de se répliquer à l’intérieur des cellules. Les thérapies antirétrovirales sont efficaces pour réduire la charge virale, mais même après des années de traitement, les patients sont toujours porteurs du virus.

Pour lutter contre le VIH chez les nouveau-nés, l’équipe de recherche a combiné la thérapie antirétrovirale avec deux autres méthodes de traitement qui peuvent également réduire, mais pas éliminer le virus à elles seules. Les anticorps neutralisants rassemblent essentiellement le VIH dans le corps, réduisant ainsi la quantité qui peut circuler. Empêcher le virus de se déplacer et l’empêcher de se reproduire peut réduire davantage la charge virale. La troisième partie du traitement est le léronlimab, un anticorps monoclonal qui bloque le CCR5, une protéine de surface cellulaire que le VIH utilise pour pénétrer et infecter les cellules.

La combinaison de ces trois thérapies a permis d’éliminer le VIH chez les primates non humains de l’étude. Après ce succès, la prochaine étape consistera en des essais cliniques sur l’homme, très probablement chez des adultes nouvellement infectés. Une étude plus approfondie permettra de clarifier le fonctionnement de cette combinaison et si le traitement fonctionnera au-delà de trois jours après l’infection.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.