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Science

Les scientifiques affirment que cette compétence utile pourrait réduire de 13 ans l’âge de votre cerveau

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Les scientifiques affirment que cette compétence utile pourrait réduire de 13 ans l'âge de votre cerveau




Connaître plusieurs langues ne vous rend pas nécessairement plus intelligent, mais cela vous aide à maximiser le potentiel de votre cerveau. Les scientifiques étudient depuis longtemps les effets du multilinguisme sur le cerveau, et les preuves suggèrent que « jongler » entre les langues améliore la fonction exécutive, les capacités de concentration et l’exécution de plusieurs tâches. Aujourd’hui, des recherches récentes présentées lors du Forum 2026 de la Fédération européenne des sociétés de neurosciences suggèrent un autre avantage de l’apprentissage de plusieurs langues : le ralentissement du vieillissement biologique du cerveau.

Provenant de plusieurs instituts de santé cérébrale, les chercheurs ont photographié l’activité cérébrale de 519 participants d’âges différents. Ensuite, les données ont été traitées par l’IA pour modéliser la connectivité cérébrale « normale » pour chaque âge, qui a servi de règle chronologique de l’activité cérébrale moyenne d’une personne. Après comparaison, les participants multilingues ont faussé la moyenne, la plupart produisant des scintigraphies cérébrales semblant plus jeunes que leur âge réel. Plus remarquable encore, plus un participant parlait de langues, plus son cerveau apparaissait jeune sur les scanners. Une maîtrise élevée d’une langue et l’acquisition précoce de plusieurs langues sont également corrélées à un cerveau d’apparence plus jeune.

Les résultats suggèrent que le multilinguisme retarde le vieillissement du cerveau et que la durée et la profondeur de l’apprentissage d’une langue renforcent cet effet. À l’extrême, les participants quadrilingues, ceux qui parlaient quatre langues, ont subi des scintigraphies cérébrales en moyenne 13 ans plus jeunes que leur âge réel. Leur multilinguisme n’a pas vraiment remonté le temps, mais il semble avoir retardé le vieillissement cérébral au fil du temps (probablement pour bon nombre des mêmes raisons neurologiques qu’un sommeil adéquat améliore la longévité).

L’équipe a pris en compte d’autres influences potentielles, comme le sexe et la génération, dans l’algorithme, mais il peut y avoir d’autres facteurs influents. Par exemple, le multilinguisme est souvent le produit d’individus plus riches qui ont accès à une éducation et à des soins de santé de meilleure qualité. Néanmoins, d’autres recherches soutiennent le lien positif entre la santé cérébrale et le langage.

Apprendre plusieurs langues fait travailler votre cerveau

Les personnes qui parlent deux langues ou plus courent généralement les mêmes risques de démence que n’importe qui d’autre, mais l’apparition est souvent retardée de quatre ou cinq ans par rapport aux autres personnes de leur groupe d’âge. Les enfants, eux aussi, présentent des avantages cognitifs évidents grâce au bilinguisme, car ils sont généralement plus aptes à séparer les mots de leur signification que leurs camarades de classe. De plus, des études ont montré que certains modèles de discours peuvent prédire le risque de déclin cognitif.

De manière révélatrice, une étude de 2026 a démontré comment les patients bilingues atteints de la maladie d’Alzheimer peuvent maintenir un fonctionnement cognitif normal jusqu’aux stades avancés plus longtemps que les patients qui ne parlent qu’une seule langue. Les chercheurs concluent que cet effet conservateur est dû au fait que les multilingues conservent une plus grande quantité de voies neuronales alternatives, leur permettant de « contourner » cognitivement les voies endommagées par la maladie. Par conséquent, le multilinguisme semble non seulement retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer, mais il masque également les symptômes cognitifs des soignants.

D’un point de vue neurologique, le multilinguisme est essentiellement un entraînement pour votre cerveau. Par exemple, une personne bilingue doit supprimer une langue pour en utiliser une autre, de la même manière que les anglophones doivent supprimer le mot « écorce » d’un arbre lorsqu’ils font référence à « l’écorce » d’un chien. Cette suppression quasi constante des autres langues dans leur cerveau contribue à affiner le système de contrôle exécutif.

Les locuteurs multilingues disposent également d’une banque de mots plus large dans laquelle s’appuyer pour interpréter la perception sensorielle et leurs significations symboliques. Par exemple, la couleur rouge affecte différemment le cerveau de différentes personnes. Et une étude norvégienne de 2024 a démontré que le cerveau des locuteurs bilingues interprète les couleurs différemment selon la langue.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.