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Science

Une des principales raisons pour lesquelles les scientifiques veulent cloner des vaches

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Une des principales raisons pour lesquelles les scientifiques veulent cloner des vaches




Le clonage n’a rien de nouveau. Alors que beaucoup d’entre nous se souviennent du cas de Dolly, la brebis clonée en 1997, les scientifiques s’intéressent au clonage depuis la fin des années 1800. Mais les premières expériences s’apparentaient davantage à la division artificielle d’embryons pour créer des jumeaux identiques. De nos jours, les scientifiques sont capables de prélever l’ADN d’un animal mort et de l’utiliser pour créer un clone fertile, génétiquement identique. Pourquoi voudriez-vous faire ça ? Apparemment, pour produire du bœuf de meilleure qualité.

Dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Chine, les scientifiques ont développé des moyens de cloner leurs meilleurs animaux pour « optimiser le pool génétique » de leurs troupeaux. Pour les vaches de boucherie, le processus comporte plusieurs étapes. Tout d’abord, les techniciens comparent la qualité des différentes carcasses pour trouver le spécimen de la plus haute qualité. Ensuite, ils extraient son ADN et l’utilisent pour créer un zygote génétiquement identique. Les techniciens plantent ensuite l’embryon en croissance dans une génisse porteuse, qui donne finalement naissance à un clone exact de ce spécimen original, décédé et de haute qualité. Finalement, le processus est répété pour produire un clone de génisse et un clone de taureau. Ces deux clones sont ensuite élevés, produisant une progéniture de haute qualité destinée à l’abattoir.

Ainsi, la « viande clonée » n’est pas réellement récoltée sur un animal cloné. Au lieu de cela, il s’agit de viande issue de la progéniture de deux parents clonés. On peut s’attendre à ce que des bovins reproducteurs clonés de haute qualité produiront une progéniture de haute qualité. Du moins, c’est l’idée. Même si la progéniture des bovins clonés produisait en moyenne du bœuf de meilleure qualité, la procédure peut être incohérente. Par exemple, dans une évaluation d’un projet de clonage de bœuf menée par des chercheurs de la West Texas A&M University, seul un veau sur sept récoltés pour les tests a obtenu une note de première qualité. Les six autres étaient soit « à choix élevé », soit à « choix moyen ». Ces chiffres sont encore bien supérieurs aux normes de l’industrie, mais de nombreux consommateurs sont sceptiques quant aux avantages du clonage.

La viande clonée est-elle sans danger ? La FDA semble le penser

La FDA a approuvé l’utilisation de viande clonée aux États-Unis en 2008, mais il y a très peu de transparence sur les produits spécifiques provenant de sources clonées. La FDA n’exige pas que les vendeurs étiquetent les produits carnés issus d’animaux clonés, il est donc difficile de déterminer l’étendue de cette pratique. Comme on peut s’y attendre, l’industrie ne se portera pas volontaire pour étiqueter ses produits comme « provenant d’animaux clonés » si elle n’y est pas obligée.

Une controverse similaire s’est produite au Canada au cours des derniers mois. Les annonces selon lesquelles des viandes clonées seraient bientôt disponibles dans les rayons des supermarchés sans étiquetage spécifique ont suscité des débats sur l’éthique et la sécurité de la consommation de bœuf, de porc, d’agneau et d’autres sources de viande clonées. Dans une entrevue avec Global News, le Dr Sylvain Charlebois, scientifique en alimentation de l’Université Dalhousie du Canada, affirme que les 25 années de recherche démontrent que « du point de vue de la sécurité alimentaire, il ne devrait y avoir aucune inquiétude. Il existe en fait beaucoup de littérature sur cette question ».

Cependant, Charlebois aborde ensuite les problèmes éthiques entourant les viandes clonées. Le processus de clonage nécessite de nombreux « essais et erreurs », c’est-à-dire que de nombreux bovins sont tués à la fois pendant la phase d’expérimentation et pendant la phase de production de l’entreprise de clonage. Certaines personnes ont des préoccupations spirituelles, religieuses ou éthiques concernant le traitement des animaux. Comme le souligne Charlebois, les viandes halal et casher sont étiquetées pour répondre à des préoccupations éthiques et spirituelles, alors pourquoi pas des sources clonées ? De plus, les partisans de l’agriculture durable rejettent complètement les pratiques agricoles industrialisées.

Il est logique que les vendeurs choisissent de ne pas étiqueter leurs produits comme de la « viande clonée ». Même si les viandes de haute qualité peuvent être moins chères grâce au clonage, de nombreux consommateurs choisiraient probablement de payer un prix plus élevé pour des sources non clonées. Comme toujours, c’est le dollar qui décide.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.