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Science

Le phénomène « effet de porte » peut expliquer pourquoi vous entrez dans une pièce et oubliez immédiatement pourquoi

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Le phénomène « effet de porte » peut expliquer pourquoi vous entrez dans une pièce et oubliez immédiatement pourquoi




Avez-vous déjà fait l’expérience d’entrer dans une pièce et d’oublier pourquoi vous y êtes ? Peut-être que vous vous préparez et réalisez que vous devez prendre un manteau dans votre chambre. Mais lorsque vous entrez dans la chambre, tout à coup, vous ne vous souvenez plus de votre tâche et regardez autour de vous, confus, vous creusant la tête pour tenter de vous rappeler exactement ce que vous oubliez. Ce comportement est généralement considéré comme pertinent, et peut-être que vous vous châtiez dans cet état d’oubli et que vous vous sentez stupide de regarder autour de vous pour vous rappeler les intentions que vous connaissiez clairement il y a quelques secondes à peine. Mais il s’avère qu’il existe une théorie psychologique expliquant pourquoi cela pourrait se produire, et même des études pour étayer ces théories. Il est appelé « effet de porte » et est guidé par le modèle Event Horizon, qui suggère qu’un changement de contexte environnemental pourrait déclencher un oubli.

Afin de comprendre cette théorie, nous devons d’abord avoir une compréhension de base des différents types de mémoire et de leur fonctionnement. Vous avez probablement entendu parler de mémoire à court et à long terme. La mémoire à court terme fait référence à un stockage d’informations très temporaire. Par exemple, quelqu’un peut vous donner son adresse et vous vous en souvenez suffisamment longtemps pour la saisir sur votre téléphone, mais dans un jour ou même une heure, vous ne pourrez plus vous souvenir de cette information. La mémoire à long terme correspond aux informations que nous conservons pendant des durées prolongées, comme le numéro de téléphone d’un parent.

Nouveaux modèles d’événements

Il existe un troisième type de mémoire qui chevauche dans une certaine mesure la mémoire à court terme, mais qui conserve certaines distinctions importantes : la mémoire de travail est une information que nous pouvons utiliser temporairement pour résoudre un problème ou adopter un comportement, et elle est importante pour des choses comme les performances en mathématiques. Essentiellement, ce sont les informations que nous pouvons manipuler dans notre esprit, presque comme du papier brouillon mental. De nombreuses théories suggèrent qu’il existe à tout moment une limite à la capacité de notre mémoire de travail. Cela pourrait expliquer pourquoi notre cerveau semble vider des informations lorsqu’elles ne sont plus considérées comme utiles.

Le modèle d’événements Horizon suggère que les processus en cours sont divisés en plusieurs événements, de sorte qu’un changement dans des caractéristiques saillantes, comme notre environnement, déclenche une mise à jour du modèle d’événements. Ces déclencheurs sont appelés limites d’événements. Le cadre Horizon Event Model repose également sur le principe selon lequel le modèle d’événement que nous percevons actuellement est le seul qui existe dans notre mémoire de travail. Un autre élément de la théorie est que nous avons des difficultés à récupérer des informations lorsqu’elles ont été impliquées dans un événement antérieur.

L’effet de porte postule qu’une porte agit comme une limite d’événement. Pour revenir à l’exemple précédent, disons que vous êtes dans votre salon lorsque vous réalisez que vous avez froid et que vous devrez prendre un manteau. Il s’agit d’un modèle d’événement. Cependant, lorsque vous franchissez la porte pour entrer dans la pièce dans laquelle vous aviez prévu de récupérer votre manteau, un nouveau modèle événementiel commence.

Une porte sous un autre nom

Les scientifiques ont en fait réussi à montrer que le fait de franchir une porte littérale altère la récupération de la mémoire. Gabriel A Radvansky et ses collègues ont présenté aux participants une boîte couverte contenant un ensemble de blocs de formes et de couleurs variées. Après avoir soulevé le couvercle et examiné le contenu, il leur a ensuite été demandé de remettre le couvercle et de déplacer la boîte vers une autre table. À la deuxième table, ils ont d’abord dû répondre à quelques questions mathématiques avant d’être invités à identifier si chaque objet décrit se trouvait dans la boîte qu’ils transportaient. Par exemple, un « cube rouge » apparaissait sur un écran devant les participants, et ils devaient se rappeler s’ils avaient vu un cube rouge dans la boîte. Radvansky et coll. ont constaté que les participants qui devaient traverser une porte pour atteindre la deuxième table étaient moins précis que ceux qui marchaient simplement sur la même distance mais restaient dans la même pièce.

Il est intéressant de noter que cet effet ne se limite pas aux portes littérales. En fait, à l’origine, Radvansky et ses collègues avaient montré qu’une tâche similaire effectuée virtuellement – ​​transporter un objet caché dans une autre pièce dans un jeu vidéo – produisait des résultats similaires. Dans un autre article, ils ont même montré qu’imaginer franchir une porte aggravait la mémoire. Des études complémentaires ont même démontré que ces résultats se produisent pratiquement sans porte, en se téléportant ou en utilisant un portail dans un jeu vidéo. Ainsi, si jamais nous apprenons à nous téléporter, nous aurons peut-être encore besoin de conseils pour améliorer notre mémoire.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.