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Science

L’immense découverte scientifique qui pourrait un jour inverser l’ostéoporose

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

L’immense découverte scientifique qui pourrait un jour inverser l’ostéoporose




Pour de nombreuses personnes, l’affaiblissement des os lié à la vieillesse est une réalité inévitable. Pour certaines, notamment les femmes ménopausées, un tel affaiblissement constitue une maladie chronique. L’ostéoporose fait perdre au système squelettique sa densité plus rapidement que le corps ne peut le réparer et le renforcer. Il existe certains traitements pour ralentir ou arrêter le processus, mais il n’existe aucun remède. Du moins, pas encore.

Une nouvelle étude collaborative menée par Leipzig, en Allemagne, et l’Université du Shandong à Jinan, en Chine, a fait un grand pas en avant dans la recherche d’un remède contre l’ostéoporose. Auparavant, les chercheurs avaient associé un gène spécifique, appelé GPR133, à la densité et à la réparation osseuse. Cependant, le rôle exact joué par le gène restait en suspens. L’équipe a donc conçu un test sur des souris pour observer l’activité du gène. Premièrement, les chercheurs ont dû déterminer un moyen d’activer le gène.

À l’aide de simulations informatiques, l’équipe a identifié un produit chimique appelé AP503 qui pourrait stimuler les gènes GPR133 inactifs. Cette découverte à elle seule représentait une avancée majeure, mais il fallait encore mettre la substance stimulante à l’épreuve. Les souris ont été triées en groupes : celles ayant une densité osseuse saine, celles présentant des symptômes d’ostéoporose et celles dépourvues du gène GPR133. Étonnamment, les groupes sains et ostéoporotiques ont montré une résistance osseuse accrue lorsque le produit chimique AP503 a été administré, tandis que les groupes dépourvus de GPR133 n’ont montré aucune amélioration de la densité osseuse. En d’autres termes, avec les bons médicaments stimulant les gènes, même ceux dont les gènes de réparation osseuse sont inactifs peuvent être capables d’inverser la maladie.

Comment un gène détermine le risque de fractures osseuses

L’ADN est comme un livre de recettes pour fabriquer des protéines, et les gènes sont comme des recettes individuelles. Le gène GPR133 est responsable de l’activation de cellules spécialisées appelées ostéoblastes, qui reconstruisent et font croître le tissu osseux. Les ostéoblastes travaillent en collaboration avec des cellules appelées ostéoclastes, qui décomposent le tissu osseux endommagé ou ancien pour laisser de la place à une nouvelle croissance osseuse. Les personnes atteintes d’ostéoporose ont souvent une activité ostéoclastique excessive et une activité ostéoblastique réduite. Pour le dire au sens figuré, leurs équipes de nettoyage des os font des heures supplémentaires, tandis que leurs équipes de réparation des os sont en pause permanente.

Les chercheurs de Leipzig et de Jinan ont déterminé que le gène GPR133 contient la recette d’une protéine qui signale aux cellules ostéoblastiques de recommencer à fonctionner. Le lien a été révélé grâce à l’utilisation de souris « knock-out », élevées sans le gène GPR133. Chez les souris knock-out, le produit chimique stimulateur génique AP503 n’a eu aucun effet et elles ont continué à souffrir de fragilité osseuse, tandis que les souris saines et fragiles porteuses du gène ont répondu au médicament en renforçant davantage leurs os. Cela a prouvé que le GPR133 a un lien direct avec la stimulation de l’activité des ostéoblastes.

Les résultats sont particulièrement encourageants pour les 10 millions d’Américains souffrant d’ostéoporose et les 44 millions supplémentaires ayant une faible densité osseuse. Il reste à déterminer si le produit chimique AP503 deviendra l’ingrédient d’un médicament contre l’ostéoporose. Cependant, ces connaissances sur les rôles spécifiques des gènes s’ajoutent aux énormes progrès réalisés par la science médicale pour ralentir, voire inverser le vieillissement. Des médicaments comme la metformine peuvent réduire le risque de maladies liées à l’âge, tandis que le tai-chi peut ralentir le vieillissement cérébral. Aujourd’hui, les médicaments destinés à ralentir le vieillissement osseux pourraient arriver plus tôt que prévu.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.