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Science

La science explique le phénomène bizarre qui explique pourquoi les gens oublient des mots au milieu d’une phrase

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

La science explique le phénomène bizarre qui explique pourquoi les gens oublient des mots au milieu d'une phrase




La grande majorité d’entre nous a, à un moment ou à un autre de sa vie, fait l’expérience du déjà vu, la sensation que quelque chose nous est familier alors qu’il ne devrait pas l’être. Il existe en fait d’autres phénomènes similaires, notamment le jamais vu – à l’opposé du déjà vu, où quelque chose de familier semble temporairement étranger – et le presque vu, lorsque vous avez du mal à trouver un mot au milieu d’une conversation dont vous n’auriez normalement aucun problème à vous souvenir.

La plupart d’entre nous sont passés par là : vous êtes en pleine phase de narration d’une histoire totalement engageante, puis vous vous arrêtez, cherchant mentalement un mot qui ne veut tout simplement pas se révéler. Vous savez exactement ce que signifie le mot, vous pourriez facilement le décrire, et vous savez pertinemment que vous l’avez utilisé au moins 6 000 fois auparavant, mais à ce moment-là, il vous échappe tout simplement.

Les scientifiques appellent cette expérience frustrante le phénomène du bout de la langue, avec presque vu, qui se traduit du français par « presque vu », décrivant la sensation générale de ne pas se souvenir de quelque chose de familier, qui semble tout simplement hors de portée. Il s’agit d’une situation différente de jamais vu, qui se traduit par « jamais vu », car cela fait référence à une situation qui semble totalement étrange, sans aucune familiarité même si elle devrait l’être. Le sentiment du presque vu est que le mot est familier mais refuse tout simplement de se former complètement.

Le phénomène du bout de la langue ne signifie pas que vous avez des problèmes de mémoire

La première chose à comprendre si vous oubliez temporairement un mot, c’est qu’il n’y a pas de quoi vous inquiéter au niveau de votre mémoire. Il est généralement éphémère, même si vous constaterez peut-être que plus vous avez du mal à identifier le mot, plus il vous échappe ! Souvent, les gens décrivent être capables de « voir » la première lettre d’un mot, voire sa structure globale, ce qui rend d’autant plus frustrant d’en être si proche.

Si vous craignez que le fait de ne pas pouvoir vous souvenir d’un mot signifie que votre cerveau n’est plus aussi vif qu’avant, vous pouvez être rassuré par une étude de 2014 intitulée « Le mythe du déclin cognitif ». Les auteurs suggèrent que le traitement plus lent de l’information à mesure que nous vieillissons n’est pas dû au déclin cognitif, mais qu’il pourrait en fait être le résultat des connaissances acquises au fil des années. De la même manière qu’il faudrait beaucoup plus de temps pour trouver un objet dans une armoire pleine que dans une armoire vide, le cerveau doit chercher plus fort dans une mémoire qui contient toute une vie de faits et de mots que dans une mémoire relativement nouvelle. L’étude ne suggère pas que l’apprentissage de nouvelles informations entraînera toujours un temps de récupération plus lent (il n’est donc pas nécessaire de ralentir votre soif d’apprendre), mais elle remet en question l’hypothèse selon laquelle prendre plus de temps pour mémoriser des mots et des informations signifie automatiquement que le cerveau est en déclin.

Des mots similaires pourraient aider le cerveau à trouver le bon mot

Certaines recherches intéressantes publiées dans le Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory, and Cognition ont testé deux théories concurrentes sur les causes du presque vu. La théorie du « blocage » suggère que cela se produit parce qu’un autre mot à consonance similaire gêne le vrai mot, empêchant votre cerveau d’y accéder, même si le mot est là quelque part, en attente d’être récupéré. Par exemple, vous pourriez être sur le point de prononcer le mot cardamome et soudain, des graines de carvi sautent dans votre cerveau. Ce sont toutes deux des épices et commencent par la même syllabe, donc le carvi « bloque » le vrai mot, cardamome, d’être récupéré.

La théorie concurrente est connue sous le nom de modèle de déficit de transmission et suggère que cela résulte d’un lien faible entre le sens du mot, auquel le cerveau accède en premier, et les sons nécessaires à la formation du mot. Pour tester cette théorie, les participants ont été invités à répondre à des questions de culture générale. Dans un cas, on leur a d’abord donné une liste de mots à lire à haute voix qui, à leur insu, avaient des sonorités similaires aux réponses qu’ils chercheraient dans le test. Dans le second cas, aucun mot ne leur a été fourni à l’avance.

Les résultats ont montré que dans les cas où les participants disaient que les réponses étaient sur le bout de leur langue, les chances de réussir à récupérer le mot augmentaient jusqu’à 50 % lorsqu’ils avaient été préparés avec des mots à consonance similaire. Cela suggère que la théorie du déficit de transmission pourrait être une bonne explication de l’expérience du presque vu et qu’entendre des mots phonologiquement similaires peut aider le cerveau à retrouver le terme correct.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.