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Science

L’habitude inattendue des baby-boomers qui contribue à sauver la planète Terre

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

L'habitude inattendue des baby-boomers qui contribue à sauver la planète Terre




De nombreux traits classiques sont attribués à la génération des baby-boomers. Les personnes nées entre le milieu des années 40 et le milieu des années 60 sont considérées comme plus riches, plus analphabètes en technologie et plus conservatrices que les jeunes générations. En effet, des études ont montré que les baby-boomers conservateurs sont deux fois plus nombreux que les baby-boomers libéraux aux États-Unis. Cela est logique, puisque les gens ont tendance à devenir plus conservateurs et moins libéraux à mesure qu’ils vieillissent. Il peut donc être surprenant d’apprendre que les baby-boomers sont plus soucieux de l’environnement à certains égards que la génération Z.

Un rapport suggère que les baby-boomers sont environ 14 % plus intéressés par les questions environnementales que la génération Z, et qu’ils sont jusqu’à « 65 % plus susceptibles de dire qu’ils recyclent toujours ». Ces habitudes respectueuses de l’environnement, telles que le recyclage assidu et l’achat de produits locaux, sont probablement une conséquence directe des expériences des baby-boomers qui ont grandi dans les années 1960 et 1970. Alors que les plastiques proliféraient dans les années 1970, les baby-boomers ont été sensibilisés aux principes du mouvement environnemental naissant des années 1970 : réduire, réutiliser, recycler. En conséquence, les baby-boomers sont également connus pour réparer les objets plutôt que de les remplacer, et beaucoup préfèrent réutiliser les objets, comme les sacs en plastique, avant de les jeter.

Les premiers enseignements environnementalistes se concentraient sur l’impact de l’individu. Cependant, à mesure que les sciences de l’environnement se développaient, il est vite devenu clair que des changements systémiques, et non des habitudes individuelles, seraient nécessaires pour contribuer à sauver la Terre du réchauffement climatique. Il a été découvert que le recyclage du papier crée des sous-produits toxiques des eaux usées et que les industries du transport maritime, de l’agriculture et de l’énergie émettent à elles seules plus de la moitié du dioxyde de carbone mondial. Plus décourageant encore, le concept même d’« empreinte carbone » a été intentionnellement promu par l’industrie des combustibles fossiles pour rejeter la faute sur l’individu. Il n’est pas étonnant que les jeunes générations se sentent moins individuellement responsables de l’environnement.

Le recyclage ne sauvera pas la Terre, mais une réflexion écologique pourrait encore le faire

Il existe un fossé entre les habitudes écologiques des baby-boomers et l’ampleur mondiale de la crise climatique. Recyclage du plastique peut réduisez la pollution, mais seul un petit pourcentage de ce que vous collectez est réellement recyclé – aussi peu que 5 à 6 %. Le reste finit dans les décharges, vendu à d’autres pays, voire incinéré, malgré ce que prétendent de nombreux mythes sur le recyclage du plastique. Pire encore, recycler une bouteille en plastique peut parfois nécessiter plus de ressources et émettre plus de gaz à effet de serre que s’il en était créé de toutes pièces. De toute évidence, l’environnementalisme individuel de nombreux baby-boomers ne suffit pas à sauver la planète.

Néanmoins, le simple fait que de nombreux baby-boomers s’intéressent aux questions environnementales pourrait s’avérer être un bénéfice net pour la planète. Leurs habitudes respectueuses de l’environnement sont souvent égoïstes, en mettant l’accent sur leur environnement local et en privilégiant davantage la réduction de la pollution. Selon une étude italienne de 2017, cela peut constituer une stratégie extrêmement efficace pour un changement environnemental positif. L’article, sous-titré « L’altruisme n’est pas la seule voie vers la durabilité », suggère que les appels à l’intérêt personnel favorisent « des comportements durables et pro-environnementaux ». En d’autres termes, le recyclage n’est peut-être pas efficace à l’échelle mondiale, mais la conscience environnementale qu’il inculque aux baby-boomers peut avoir des effets locaux étendus.

Par exemple, les baby-boomers sont la génération la plus susceptible d’acheter localement, tandis que les jeunes générations sont plus susceptibles d’acheter des produits en ligne. Des chercheurs de l’Université d’État de l’Iowa ont démontré que l’achat de produits locaux présente d’importants avantages environnementaux, notamment une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le transport de nourriture de loin nécessite la réfrigération, le camionnage et l’expédition, tandis que les produits locaux préférés des baby-boomers sont souvent vendus peu de temps après la récolte. Ainsi, même si les habitudes des baby-boomers ne résoudront pas les crises mondiales, nombre d’entre eux font un pas dans la bonne direction.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.