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Science

Ce frisson dans votre colonne vertébrale essaie peut-être de vous dire quelque chose

Nicolas Gaillard

Date de publication :

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Ce frisson dans votre colonne vertébrale essaie peut-être de vous dire quelque chose




Imaginez que vous êtes seul un soir, en train de savourer une paisible tasse de thé et de lire le dernier roman de Stephen King à la lumière d’une lampe. Soudain, vous entendez un craquement prolongé dans les lames du plancher. En recherchant la source du son, vous constatez que ce qui l’a produit doit se trouver au-delà de la faible lumière de votre lampe, juste hors de vue. La chair de poule vous pique la peau et un léger frisson parcourt votre colonne vertébrale. Ce scénario est probablement quelque peu familier, car les humains éprouvant des frissons dans un état émotionnel accru sont une expérience courante. Bien sûr, il existe un processus scientifique sous-jacent à ce phénomène, et il semble exister comme une réponse évolutive avantageuse pour vous avertir d’une menace.

Tout comme l’augmentation du rythme cardiaque lorsque vous êtes anxieux ou les papillons dans l’estomac lorsque vous êtes excité, les frissons sont simplement l’expression physique d’un sentiment. Généralement, la chair de poule apparaît et nos cheveux se dressent. Il s’agit d’une réponse bénéfique pour certains ancêtres évolutifs des humains, car élever leur fourrure peut les faire paraître plus grands. Pensez à un chien intimidé et qui grogne. La fourrure le long de son dos commence à se soulever lorsqu’elle signale à tout ce qui l’effraie, qu’il s’agisse d’un étranger ou d’un aspirateur, de battre en retraite. Ainsi, la chair de poule et les frissons sont une réponse enracinée à une menace perçue.

Frissons désagréables : quand les frissons peuvent être une réponse à un danger

Une grande partie du corps a tendance à fonctionner automatiquement, sans intervention ni direction consciente, et une réaction de peur n’est pas différente. Face à une situation effrayante, qu’il s’agisse d’une frayeur à la télévision ou d’un podcast effrayant, la division sympathique du système nerveux entre en jeu. Elle fait partie du système nerveux autonome, qui régule les fonctions involontaires, telles que la fréquence cardiaque et la digestion.

Lors de l’activation du système nerveux sympathique, des messagers neurochimiques sont libérés, comme le cortisol et l’adrénaline. Ceux-ci ont de nombreux effets en aval, notamment une augmentation de la pression artérielle et une dilatation des vaisseaux sanguins près du muscle squelettique, pour préparer le corps à l’action. Au cours de ce processus, les muscles entourant les follicules pileux individuels, appelés arrecteurs de pili, se contractent. En conséquence, les poils le long du corps sont obligés de se dresser droit, et nous avons cette petite chair de poule glaciale.

Maintenant, être effrayé n’est pas la seule fois où la chair de poule et les frissons correspondants se produisent. C’est aussi un signe fréquent d’avoir froid. Encore une fois, il s’agit d’une fonction résiduelle des ancêtres évolutionnistes. Chez les animaux à fourrure épaisse, ce processus aiderait à retenir la chaleur en emprisonnant l’air près de la peau et en épaississant essentiellement sa couche isolante. Bien que cette fonction spécifique ne soit pas particulièrement utile aux humains, la sensation soudaine de froid induit une réponse sympathique, compte tenu de la menace pour la survie que représente la température plongeante, dans laquelle de l’adrénaline est libérée. Il existe donc un certain chevauchement dans les réponses physiologiques à la peur et au froid.

Frissons agréables : Pourquoi votre chanson préférée vous donne-t-elle aussi la chair de poule ?

Parfois, des frissons apparaissent lorsque l’on n’a ni froid ni peur. Par exemple, avez-vous déjà eu la chair de poule en regardant votre tableau préféré ou en écoutant un beau morceau de musique ? Cette sensation peut sembler très différente de celles mentionnées ci-dessus, car elle est généralement assez agréable et constitue une réponse à quelque chose de beau. Ces frissons esthétiques sont associés à la libération de dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans la récompense.

Bien que le mécanisme exact par lequel la libération de dopamine est liée aux frissons soit inconnu, il existe des hypothèses convaincantes. Principalement, la dopamine peut interagir avec certains des mêmes récepteurs que l’adrénaline. Par conséquent, à des concentrations élevées, la dopamine pourrait activer certains récepteurs d’adrénaline, conduisant potentiellement à une réponse sympathique similaire à celle mentionnée ci-dessus. Il est intéressant de noter que les personnes qui réagissent ainsi à la musique ont une connectivité neurologique plus élevée, en particulier entre une partie du cerveau associée aux sentiments et la partie du cerveau qui traite les informations auditives.

Il est fascinant de constater à quel point l’art peut avoir un effet physiologique profond. La musique et les films d’horreur peuvent tous deux provoquer des frissons, que ce soit en libérant de la dopamine et en signalant du plaisir, ou en déclenchant une libération d’adrénaline et en générant un sentiment de peur. La prochaine fois que vous écouterez une histoire effrayante ou que vous serez stupéfait par la beauté d’un film, réfléchissez à la façon dont votre physiologie vous reflète ces sentiments.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.