La raison surprenante pour laquelle certaines personnes éternuent quand elles regardent le soleil
Un sentiment très ennuyeux est le besoin d’éternuer mais l’incapacité d’y parvenir. Les personnes âgées se souviennent peut-être qu’on leur a dit de lever les yeux vers le soleil lorsqu’elles sont confrontées à cette frustration. L’idée selon laquelle regarder le soleil aide à éternuer est peut-être généralement considérée comme un conte de vieilles femmes, il pourrait donc être surprenant d’apprendre qu’elles s’appuyaient sur une certaine sagesse intérieure. Ce conseil s’appuie en réalité sur un phénomène neurologique réel portant un drôle de nom : le syndrome ACHOO (autosomal contraignant helio-ophthalmic outburst). Cela se produit lorsque des individus éternuent en réponse à une luminosité soudaine. Ceci est également connu sous le nom de réflexe photique d’éternuement.
Cette réponse arrive-t-elle à tout le monde ? Non, mais le syndrome ACHOO pourrait être plus courant qu’on ne le pense. Tout comme la science derrière les traits physiques transmis par les parents, les chercheurs ont découvert que le réflexe photique d’éternuement est un trait dominant et héréditaire. Cela signifie que si quelqu’un a un parent qui présente cette bizarrerie, il a 50 % de chances de l’avoir également. Les résultats varient, mais une étude de 2010 suggère qu’une personne sur quatre a cette réponse.
Science et superstition : ce que disent les recherches sur les éternuements
Prêter attention aux contes de vieilles femmes n’est pas une entreprise vaine. Les chercheurs ont pu découvrir la légitimité de ce syndrome en enquêtant sur cette supposée superstition. En 1943, Lisgar Browne Eckhardt a suggéré que ce phénomène était dû à une diaphonie entre deux nerfs crâniens anatomiquement proches : le nerf optique et le nerf trijumeau. Le nerf optique est responsable de la réponse pupillaire aux conditions lumineuses. Par exemple, la pupille devient plus petite (se contracte) en réponse à une lumière vive, tandis qu’elle devient plus grande (se dilate) dans des conditions de faible luminosité. Les chercheurs ont découvert que le réflexe photique d’éternuement pouvait être provoqué chez des sujets qui se trouvaient dans des conditions de faible luminosité et qui se trouvaient soudainement confrontés à une lumière vive.
Il a également été démontré que les éternuements photiques n’ont pas cette réponse lorsque leurs yeux sont fermés ou couverts. La théorie courante, grâce à Eckhardt et ses collègues, est que lorsque le nerf optique est activé en réponse à une lumière vive, entraînant une constriction de la pupille, le nerf trijumeau est également activé en raison de sa proximité. Ce nerf crânien fournit un apport sensoriel à de nombreuses zones du visage, y compris la cavité nasale. Le nerf trijumeau capte une certaine activité du nerf optique et l’interprète comme un irritant dans la cavité nasale, entraînant un éternuement.
Comment la science peut être utilisée pour prévenir les éternuements
La réponse photique à l’éternuement peut-elle être dangereuse ? Pas habituellement, mais cela peut inciter à une certaine prudence lorsque vous conduisez, en particulier lorsque vous sortez d’un tunnel sombre et que vous êtes exposé à la lumière directe du soleil. Heureusement, vos nerfs crâniens disposent d’un autre hack qui peut arrêter cette réaction d’éternuement dans son élan. En pressant un doigt entre le nez et la lèvre supérieure, on peut profiter de la technique dite de pression philtrale pour étouffer un éternuement. Lorsqu’une pression est exercée sur cette partie du visage, elle active certains neurones sensoriels, et l’activation de ces neurones semble annuler la réponse du nerf trijumeau, empêchant ainsi cet éternuement ennuyeux.
Par conséquent, de la même manière que la connaissance de certaines connaissances scientifiques sur les nerfs crâniens peut aider à provoquer un éternuement en cas de besoin, elle peut également expliquer comment éviter d’éternuer lorsque cela serait gênant, comme lors d’une réunion tranquille ou pendant un examen. Parfois, un peu de neurosciences peut faire beaucoup de chemin ; cela peut même améliorer votre mémoire.
