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Science

Pourquoi les humains se réveillent soudainement en s’endormant, selon la science

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Pourquoi les humains se réveillent soudainement en s'endormant, selon la science




Avez-vous déjà commencé à sombrer dans un sommeil paisible et soudainement submergé par une sensation de chute, puis vous retrouver en sursaut ? Ou avez-vous reçu des plaintes d’un partenaire au sujet de lui donner des coups de pied pendant que vous vous éloignez ? Il s’agit en fait d’un phénomène très courant connu sous le nom de secousse hypnique, également appelé secousse hypnagogique. En fait, environ 70 % des personnes en font l’expérience à un moment donné de leur vie, et environ 10 % d’entre elles subissent des secousses hypniques tous les soirs.

Bien que le mécanisme neurologique exact sous-jacent à ce phénomène soit inconnu, il existe des hypothèses convaincantes. Beaucoup suggèrent que ces secousses sont le résultat d’une activité instable dans la formation réticulaire du tronc cérébral lors de la transition de l’éveil au sommeil. Le tronc cérébral régule les fonctions corporelles et les réflexes involontaires, et la formation réticulaire est un modulateur important de l’éveil et des transitions veille-sommeil. Essentiellement, à mesure que le système nerveux inhibe les commandes motrices nécessaires au sommeil, certaines preuves suggèrent qu’une signalisation altérée de la formation réticulaire pourrait induire des contractions musculaires soudaines.

D’autres théories affirment qu’il s’agit d’une fonction évolutive résiduelle des primates non humains qui dormaient régulièrement dans les arbres. Cela repose sur l’idée que le corps interprète la relaxation musculaire qui accompagne le sommeil comme une chute. D’autres encore affirment que cela pourrait être le résultat d’un système nerveux sympathique hyperactif, généralement dû au stress et à l’anxiété.

Qu’est-ce qui vous expose à des secousses hypniques ?

Comme mentionné ci-dessus, l’anxiété et le stress sont des facteurs de risque de secousses hypniques. Cela pourrait être dû en partie à la théorie susmentionnée selon laquelle l’anxiété induit un système nerveux hyperactif. Cependant, l’insomnie est un symptôme courant du stress et de l’anxiété. Cela pourrait exacerber ce phénomène, car le manque de sommeil augmente également le risque de secousses hypniques. Des études récentes ont également suggéré que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine, couramment prescrits pour traiter les troubles anxieux, sont associés aux secousses hypniques.

Un autre facteur de risque souvent évoqué est la consommation de caféine avant de dormir. Bien qu’il existe peut-être un mécanisme biochimique associé à la caféine, il convient de noter que la caféine avant de dormir peut également contribuer au manque de sommeil, qui a déjà été mentionné comme facteur de risque. La question de savoir si les stimulants présentent une association indépendante avec ce phénomène ou si les effets en aval des stimulants, tels qu’un mauvais sommeil, sont les coupables les plus probables nécessite des recherches plus approfondies.

Il est intéressant de noter que même si l’on considère généralement que l’exercice améliore le sommeil, s’entraîner peu de temps avant de se coucher ou faire de l’exercice plus de huit heures par semaine peut augmenter le risque de secousses hypniques. Programmer l’activité physique plus tôt dans la journée et s’assurer de se reposer entre des entraînements intenses pourrait potentiellement atténuer ces effets. La modération semble donc être la clé pour maximiser les effets bénéfiques de l’exercice sur le sommeil.

Quand les secousses hypniques inquiètent

D’une manière générale, les secousses hypniques sont inoffensives et le pire auquel on puisse s’attendre est de tirer un muscle, même si cela reste rare. Cependant, ces mouvements étranges sont parfois révélateurs d’un problème de santé sous-jacent plus nocif, généralement lorsqu’ils accompagnent des symptômes supplémentaires tout au long de la journée. Des secousses hypniques ont notamment été observées en lien avec la maladie de Parkinson. Il s’agit d’une maladie neurodégénérative caractérisée par une perte significative de cellules productrices de dopamine dans une partie du mésencéphale importante pour le mouvement.

Les symptômes de la maladie de Parkinson comprennent normalement des tremblements, des troubles des mouvements, des altérations de la parole et une rigidité musculaire. Des études récentes ont montré que les secousses hypniques sont fréquemment observées au début de la maladie. Par conséquent, bien que les secousses hypniques soient incroyablement normales, si vous remarquez qu’elles se produisent avec des difficultés de mouvement supplémentaires pendant l’éveil, contactez un professionnel de la santé pour discuter de tout problème.

Certaines mesures peuvent être prises pour éviter ces mouvements gênants en général. Avant tout, essayez de dormir suffisamment et d’avoir une routine cohérente à l’heure du coucher. Cela permet à votre cerveau de savoir que vous vous détendez. Deuxièmement, faites de l’exercice de manière stratégique et évitez les sorties nocturnes au gymnase. Troisièmement, consommez de la caféine avec modération, en visant 400 milligrammes ou moins par jour. Et, comme pour l’exercice, essayez de limiter votre consommation de caféine bien avant de vous endormir. Enfin, si l’option est disponible, réduisez le stress en participant à des activités relaxantes.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.