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Science

Le sens final que le corps humain perd avant la mort, selon la science

Nicolas Gaillard

Date de publication :

le

Le sens final que le corps humain perd avant la mort, selon la science




Le plus grand mystère de la vie est ce qui se passe quand elle se termine. Tout au long de l’histoire de l’humanité, les gens ont réfléchi à l’expérience de la mort et, de culture en culture, chacun a sa propre théorie sur ce qui se passe lorsque nous tirons la révérence finale de la vie. Les scientifiques ne font pas exception à cette tendance, puisque des recherches approfondies ont été menées pour découvrir ce que l’on ressent en mourant, tant d’un point de vue physique que mental. Bien sûr, les morts ne peuvent pas partager leurs expériences avec nous, mais de nombreuses personnes ayant vécu des expériences de mort imminente rapportent un thème commun. Ils ont l’impression que leur vie s’échappe à cause de la perte de perception sensorielle, et un nombre croissant de recherches suggèrent que le sens qui persiste le plus longtemps est l’ouïe.

Les médecins soupçonnent que cela pourrait être le cas depuis un certain temps déjà. Une étude de NYU publiée dans Resuscitation a interrogé des personnes réanimées après un arrêt cardiaque grâce à la RCR et a révélé que 21 % de ceux qui ont survécu se sentaient conscients, et dans certains cas, y compris l’audition, même après l’arrêt de leur cœur. Bien qu’il ne s’agisse que de preuves anecdotiques, des histoires comme celles-ci ont inspiré une exploration plus approfondie du cerveau mourant avec l’aide de la technologie médicale moderne. Les découvertes les plus fascinantes ont été réalisées en réalisant des examens IRM (imagerie par résonance magnétique) sur des patients mourants dans des soins palliatifs – ce qui est étrangement approprié, étant donné que l’IRM, créée dans les années 1970, fait toujours partie des plus grandes inventions médicales de tous les temps. Les résultats indiquent que certaines parties du cerveau restent actives plus longtemps que d’autres en fin de vie et que le système nerveux continue de réagir aux sons presque jusqu’au moment de la mort.

Les IRM suggèrent que l’audition pourrait durer même après l’arrêt de votre cœur

Dans une étude révolutionnaire publiée dans la revue Science Reports en 2020, une équipe médicale de l’Université de la Colombie-Britannique a enregistré l’activité électrique dans le cerveau de patients mourants en soins palliatifs. Ils ont recherché les potentiels liés aux événements (ERP), qui sont des changements de tension dans des parties spécifiques du cerveau activés par certains stimuli. Les chercheurs ont diffusé différents échantillons audio aux patients de l’hospice et ont découvert que les ERP se produisaient toujours même après que les patients étaient inconscients. Cela indique que le cerveau continue à traiter les sons jusqu’aux derniers instants de la mort.

Les scientifiques savaient déjà que certaines parties du corps survivent après la mort ; toutes les cellules ne s’éteignent pas en un instant. Une personne peut être déclarée légalement morte si son cœur et ses poumons cessent de fonctionner, mais le cerveau ne va pas nécessairement au même rythme, ni vice versa. Dans un cas fascinant, rapporté dans Frontiers in Aging Science, un homme de 87 ans passait un scanner pour détecter des symptômes épileptiques lorsqu’il a subitement subi un arrêt cardiaque et est décédé, créant par inadvertance un scanner lui-même de la mort. Les résultats ont montré que les ondes cérébrales diminuaient après la mort (pas de surprise), mais que les ondes cérébrales gamma se dégradaient plus lentement que les autres types. Les ondes cérébrales gamma sont associées à une vigilance élevée et jouent notamment un rôle fondamental dans le traitement auditif. Cela prouve qu’au moins une partie du mécanisme neurologique de l’audition reste active au-delà du cœur et des poumons, et même du reste du cerveau.



Nicolas est journaliste depuis 2014, mais avant tout passionné des jeux vidéo depuis sa naissance, et des nouvelles technologies depuis son adolescence.